Valeurs d’entreprise : pourquoi l’affichage ne suffit pas

Yoan Yoan Lureault
Publié le 28 septembre 2026

Bienveillance sur le mur de l’accueil, et une réorganisation annoncée par PowerPoint le même mois. Innovation dans la plaquette, et six mois pour valider un post-it. Esprit d’équipe sur le site carrière, et des services qui ne se parlent plus. Vous avez sûrement un exemple en tête. Peut-être même chez vous.

Les valeurs d’entreprise ne sont pas un problème de rédaction. Une valeur, c’est ce que font vos managers quand personne ne regarde. C’est la façon de traiter le stagiaire, ce qu’on fait quand un projet plante, ce qu’on tolère en silence. Le reste relève de la décoration. Et plus la plaque est belle, plus le mur est vide derrière.

Cet article s’adresse aux dirigeants et aux membres de CODIR qui sentent cet écart sans savoir par où le prendre. Vous y trouverez une définition utile pour décider, ce que dit la recherche et un test en trois questions. Puis une méthode pour définir des valeurs qui tiennent, et le rôle exact de l’équipe de direction.

L’écart entre vos valeurs et vos pratiques vous saute déjà aux yeux ? Faire le point avec le diagnostic dirigeant aide à nommer le problème avant de choisir un dispositif.

Valeurs d’entreprise : une définition qui sert à décider

Quatre statuts, quatre usages

Ce que recouvre vraiment une charte de valeurs

1

Valeurs fondamentales

Les principes profonds qui guident les choix, y compris quand ils coûtent cher.

Le piège : en afficher huit. Personne ne peut arbitrer avec huit priorités.

2

Valeurs aspirationnelles

Ce que l’entreprise veut devenir pour réussir, sans l’être encore.

Le piège : les présenter comme acquises. Les équipes voient l’écart dès le premier jour.

3

Valeurs socle

Le minimum attendu de toute personne dans l’entreprise, comme l’honnêteté.

Le piège : les afficher comme distinctives. Elles ne distinguent personne.

4

Valeurs accidentelles

Les traits apparus sans intention, parfois précieux, parfois toxiques.

Le piège : les ignorer. Ce sont souvent elles que les équipes décrivent le soir.

Typologie adaptée de Patrick Lencioni, Harvard Business Review, 2002.

Les valeurs d’entreprise sont les principes que l’organisation s’engage à respecter quand elle doit choisir. Elles ne décrivent pas ce qu’elle fait, ni pourquoi elle existe. Elles disent comment elle arbitre, surtout quand arbitrer coûte quelque chose.

Cette précision change tout. Une valeur qui ne coûte jamais rien n’oriente aucune décision. « Respect » ou « excellence » ne tranchent rien tant qu’ils ne s’opposent à aucune autre option raisonnable.

Valeurs, raison d’être, mission : trois objets distincts

La raison d’être dit pourquoi l’entreprise existe. Depuis la loi PACTE, elle peut figurer dans les statuts, au titre de l’article 1835 du Code civil, selon le ministère de l’Économie. La mission décrit ce que l’entreprise apporte, et à qui. Les valeurs encadrent la manière d’agir en chemin.

Les trois se mélangent souvent dans les chartes. C’est une première source de flou. Le collaborateur ne sait plus s’il lit une promesse client, une ambition ou une règle de conduite.

Valeurs déclarées et culture vécue

Edgar Schein distinguait déjà les valeurs déclarées des présupposés qui guident réellement les comportements, comme le rappelle le MIT Sloan (2023). Les valeurs affichées ne sont donc qu’une couche de la culture. Nous détaillons cette mécanique dans notre analyse de ce qui construit vraiment une culture d’entreprise.

Les quatre familles de valeurs selon Lencioni

Patrick Lencioni a proposé en 2002, dans la Harvard Business Review, une distinction qui reste très utile en CODIR. Toutes les valeurs d’une charte n’ont pas le même statut. Les mélanger fait perdre sa crédibilité à l’ensemble.

Un exercice simple consiste à reclasser la charte existante dans ces quatre cases. Il révèle presque toujours deux surprises. Une partie des valeurs affichées relève du socle, donc de l’évidence. Une autre partie est une aspiration, qui gagnerait à être assumée comme telle.

Facilitateur présentant une démarche à une équipe de direction pour clarifier ses valeurs d’entreprise
Avant de choisir des mots, une équipe de direction a besoin d’un cadre commun pour lire ses propres arbitrages.

Pourquoi plus on affiche ses valeurs, moins on y croit

Ce que mesurent les études

Les valeurs publiées ne prédisent ni le vécu, ni la performance

Aucune corrélation

entre les valeurs mises en avant par une entreprise et la façon dont ses salariés la jugent sur ces mêmes valeurs.

Plus de 500 grandes entreprises, 1,2 million d’avis Glassdoor. Sull, Turconi et Sull, MIT Sloan Management Review, 2020.

85 %

des entreprises du S&P 500 consacrent une section de leur site à leur culture. La fréquence des valeurs affichées ne corrèle pas avec leurs résultats.

Guiso, Sapienza et Zingales, « The Value of Corporate Culture », 2014.

8 %

des salariés en France se déclarent engagés dans leur travail, l’un des niveaux les plus bas d’Europe.

Gallup, State of the Global Workplace, données France 2025.

La formule « plus une entreprise parle de ses valeurs, moins elle en a » force le trait. La recherche lui donne pourtant en partie raison.

Le message de fond est simple. Publier une valeur ne coûte rien, donc cela ne prouve rien. Les salariés le savent très bien. Ils ne jugent pas la charte, ils jugent les actes de la direction.

Guiso, Sapienza et Zingales apportent un second résultat, plus utile pour un dirigeant. Quand les salariés perçoivent leur direction comme intègre, la performance suit davantage. La valeur vécue compte, la valeur affichée non.

Le cas extrême d’Enron

Lencioni ouvre son article par un rappel cruel. « Communication, respect, intégrité, excellence » : ce sont les valeurs qu’Enron affichait officiellement avant sa faillite de 2001.

Personne n’imagine que votre entreprise ressemble à Enron. Le mécanisme, lui, est universel. Une valeur contredite par les actes ne reste jamais neutre. Elle devient une preuve de cynisme que chacun peut citer.

Le coût caché : l’ironie en interne

Là où l’écart s’installe, un signe revient souvent. Les valeurs deviennent des blagues de couloir, et « bienveillance » se prononce avec des guillemets. L’ironie est la façon qu’a un collectif de dire qu’il ne croit plus la parole du sommet. Le lien avec le désengagement, qui ne vient pas d’en bas, est direct.

Équipe réunie autour d’un mur de post-it pour confronter ses valeurs d’entreprise à ses pratiques
La crédibilité d’une valeur se joue dans ce que les équipes observent, pas dans ce qui est écrit au mur.

Comment savoir si vos valeurs sont vraiment vécues ?

Le test des trois arbitrages

Trois questions, une valeur à la fois

  1. 01

    Quel est le dernier choix où cette valeur nous a coûté quelque chose ?

    Si personne ne trouve d’exemple, la valeur est décorative. Elle n’a jamais été mise à l’épreuve.

  2. 02

    Qui avons-nous recruté, promu ou gardé malgré un comportement contraire ?

    La réponse montre la vraie hiérarchie. Le résultat l’emporte souvent, sans que personne ne le dise.

  3. 03

    Que raconterait un nouvel arrivant après trois mois chez nous ?

    Ses mots décrivent la culture vécue. Comparez-les avec ceux de la charte, un par un.

Inutile de lancer une enquête lourde pour commencer. Trois questions posées en CODIR suffisent à ouvrir le sujet. Elles portent sur des faits récents, pas sur des opinions. Posez-les pour chacune de vos valeurs affichées.

Prenons un exemple illustratif. Une PME industrielle affiche « la sécurité avant tout ». À la première question, le CODIR cite un arrêt de ligne décidé malgré une commande urgente. La valeur a coûté, elle est vivante.

À la deuxième question, en revanche, le silence s’installe. Un chef d’atelier très productif contourne les consignes depuis des années, et tout le monde le sait. La valeur existe, mais elle a une exception connue. Or une exception connue devient vite la règle réelle.

Le CIPD recommande d’ailleurs de travailler sur des comportements précis et observables plutôt que sur la culture en général. Le test des trois arbitrages applique ce principe aux valeurs.

Conseil de facilitateur : faites répondre chaque membre du CODIR par écrit, en silence, avant tout échange. Sinon, les premières réponses orales alignent tout le monde sur celle du dirigeant.

Définir des valeurs d’entreprise qui tiennent sous pression

Méthode en cinq temps

Des faits vers l’affichage, jamais l’inverse

  1. Partir des faits

    Recensez une quinzaine de décisions marquantes des dernières années. Les valeurs réelles s’y lisent déjà.

  2. Réduire

    Gardez trois à cinq valeurs fondamentales. Au-delà, elles ne départagent plus rien.

  3. Nommer le prix

    Pour chaque valeur, écrivez ce que vous acceptez de perdre pour la respecter.

  4. Traduire en actes

    Deux ou trois comportements observables par valeur, plus un comportement proscrit.

  5. Tester, puis afficher

    Appliquez-les plusieurs mois aux recrutements et aux arbitrages. Communiquez ensuite.

Si vous devez définir ou refondre vos valeurs, l’ordre des étapes compte plus que le choix des mots. La plupart des démarches commencent par une liste de termes inspirants. C’est précisément ce qui produit des chartes interchangeables.

La troisième étape est celle que l’on saute le plus souvent. Elle est pourtant décisive, car une valeur formulée sans son prix reste un vœu. Comparez deux formulations de la même valeur, la transparence :

  • « Nous sommes transparents. »
  • « Nous annonçons aux équipes les décisions qui les touchent avant qu’elles ne les apprennent par la rumeur, même inabouties. »

La seconde engage. Elle dit aussi ce qu’elle coûte : accepter d’annoncer une décision incomplète. Imaginez un cabinet qui affiche la transparence, puis annonce une réorganisation par un mail du vendredi soir. Il ne perd pas sa réputation externe. Il perd sa crédibilité interne, ce qui est bien plus long à reconstruire.

Des mots qui disent la même chose à tout le monde

Respect, engagement, bienveillance : ces termes sont des mots valises où chacun range ce qu’il veut. La bienveillance en est l’exemple parfait. On la confond tantôt avec la complaisance, tantôt avec l’absence de franchise. Un test rapide : si deux membres du CODIR définissent le mot différemment, ce n’est pas encore une valeur.

Mains plaçant des notes sur un mur pour traduire des valeurs d’entreprise en comportements observables
Traduire une valeur en comportements observables se fait par écrit, mot par mot, jamais à main levée.

Vos valeurs méritent mieux qu’un après-midi de post-it. Nous aidons les équipes de direction à confronter leurs valeurs à leurs arbitrages réels, puis à décider ensemble.

Découvrir le séminaire CODIR

Faire vivre les valeurs : ce qui se joue au CODIR

Moments de vérité

Cinq moments où une équipe de direction prouve ses valeurs

MomentQuestion à poser en CODIRMessage reçu si on l’esquive
RecrutementRecruterions-nous ce candidat brillant s’il contredit une de nos valeurs ?Les compétences priment, les valeurs sont optionnelles.
PromotionPour quels comportements avons-nous promu nos trois derniers managers ?Le résultat excuse tout.
ErreurQue s’est-il passé pour la dernière personne qui a signalé un problème ?Mieux vaut cacher que prévenir.
DépartNous séparons-nous d’une personne performante qui abîme le collectif ?Certains sont au-dessus des règles.
BudgetLa valeur pèse-t-elle encore quand il faut couper des dépenses ?Les valeurs sont un luxe de beau temps.

Les valeurs ne descendent pas par la communication interne. Elles descendent par l’exemple, et surtout par les exceptions. Lencioni recommande de les intégrer aux processus qui touchent les personnes : recrutement, évaluation, départ. Un CODIR a la main sur chacun de ces moments.

Le moment le plus révélateur reste le prochain arbitrage difficile. Prenons une ETI familiale qui affiche le respect. Son directeur commercial rabaisse régulièrement ses équipes, mais son chiffre est excellent. Tant que le CODIR le garde sans rien dire, la vraie valeur de l’entreprise est lisible par tous : le chiffre d’abord.

Relier chaque décision à une valeur

Un CODIR peut rendre ses valeurs opérantes avec une pratique simple. Avant chaque décision importante, une question est posée : quelle valeur cette décision sert-elle, et laquelle met-elle sous tension ? Ce n’est pas un rituel de plus. C’est le seul moyen de rendre la valeur visible au moment où elle compte.

Cette discipline suppose que les décisions survivent à la réunion. Quand les décisions du CODIR ne tiennent pas et se défont dans les couloirs, les valeurs suivent le même chemin.

Quand un regard extérieur devient utile

Une équipe de direction voit rarement ses propres valeurs accidentelles. Elle vit dedans. Un facilitateur externe ne dit pas quelles valeurs choisir, ce n’est pas son rôle. Il crée le cadre où l’équipe peut regarder ses arbitrages réels sans se défendre. La décision reste la sienne, et c’est pour cela qu’elle tient.

Séminaire de direction en petits groupes pour relier les valeurs d’entreprise aux décisions du CODIR
En séminaire, l’équipe de direction regarde ses arbitrages réels. Le facilitateur tient le cadre, pas les réponses.

Cinq erreurs qui vident les valeurs de leur sens

Ce qui vide une valeur

Le réflexe courant

  • Choisir cinq mots en un après-midi
  • Afficher avant d’avoir prouvé
  • Présenter le socle comme distinctif
  • Vendre une aspiration comme un acquis
  • Déléguer les valeurs à la communication

Ce qui la fait tenir

L’antidote à appliquer

  • Confronter chaque mot à trois décisions passées avant de le retenir.
  • Communiquer après la preuve, avec l’arbitrage qui l’illustre.
  • Ranger le socle au règlement, hors de la charte identitaire.
  • Écrire « nous voulons devenir » et dater le premier jalon.
  • Garder l’arbitrage au CODIR, la mise en forme à la communication.

1. Écrire les valeurs en un après-midi

Un jeudi, entre le budget et le plan de communication, le CODIR choisit cinq mots sur un paperboard. Les mots sont justes. Personne ne les a confrontés aux décisions passées. Six mois plus tard, plus personne ne s’en souvient.

2. Afficher avant de prouver

Une start-up peint « audace » en lettres géantes dans son open space. Son fondateur valide pourtant lui-même chaque dépense un peu inhabituelle. Afficher d’abord crée une attente. Si la preuve ne suit pas, l’affichage devient une accusation silencieuse.

3. Confondre valeurs socle et valeurs distinctives

L’honnêteté ou le respect de la loi ne sont pas des choix stratégiques. Ce sont des conditions d’exercice. Les afficher comme identitaires suggère, en creux, qu’ils pourraient ne pas aller de soi.

4. Présenter une aspiration comme un acquis

Afficher l’innovation quand il faut six mois pour valider une idée expose au ridicule. Assumée comme une aspiration, la même valeur devient un chantier crédible. Les équipes acceptent volontiers un « nous voulons devenir », rarement un « nous sommes » démenti chaque semaine.

5. Confier les valeurs à la communication

La direction de la communication peut mettre en forme. Elle ne peut pas arbitrer à la place du CODIR. Des valeurs portées uniquement par une campagne interne restent des slogans, quelle que soit la qualité du graphisme.

Questions fréquentes sur les valeurs d’entreprise

Combien de valeurs une entreprise doit-elle avoir ?

Trois à cinq valeurs fondamentales suffisent dans la plupart des organisations. Au-delà, elles cessent de départager les options et deviennent une liste de qualités souhaitables. Le bon nombre est celui que chaque membre du CODIR peut citer sans notes, avec un exemple récent de décision. Les valeurs socle, comme l’honnêteté, n’ont pas besoin d’entrer dans ce décompte.

Quels sont des exemples de valeurs d’entreprise ?

Les plus fréquentes sont le respect, l’innovation, l’intégrité, l’engagement, la coopération ou l’exigence. Le mot compte pourtant moins que sa traduction. « Coopération » ne veut rien dire tant qu’on n’a pas précisé ce qu’elle impose, par exemple partager un client avec un autre service. Une liste trouvée en ligne donne des idées, jamais des valeurs.

Faut-il associer les salariés à la définition des valeurs ?

Oui, mais sur le bon objet. Demander aux équipes de voter pour des mots produit un consensus flou. Leur demander de raconter des situations vécues produit une matière précieuse : les valeurs accidentelles, celles qui existent déjà. Le CODIR garde ensuite la responsabilité du choix final, parce que c’est lui qui paiera le prix de ces valeurs dans ses arbitrages.

Que faire quand un dirigeant contredit ouvertement une valeur ?

Le sujet doit être nommé en CODIR, sur des faits précis, pas sur un jugement de personne. Si le comportement persiste, l’équipe de direction doit choisir entre modifier la valeur et agir sur le comportement. Laisser les deux coexister est le pire choix. Face à du harcèlement ou de la discrimination, le sujet sort du champ managérial : les RH et un conseil juridique doivent intervenir.

Valeurs, raison d’être, culture : quelle différence ?

La raison d’être dit pourquoi l’entreprise existe, et elle peut être inscrite dans les statuts depuis la loi PACTE. Les valeurs disent comment l’entreprise choisit d’agir en chemin. La culture désigne ce qui se pratique réellement, y compris ce que personne n’a décidé. Les valeurs sont donc une intention, et la culture montre si cette intention a pris.

Un séminaire suffit-il à redéfinir les valeurs ?

Non, et il faut se méfier de cette promesse. Un séminaire aide à confronter les valeurs aux arbitrages réels et à construire une position commune. Il ne remplace ni la mise à l’épreuve des mois suivants, ni les décisions RH qui en découlent. Si le problème tient au comportement d’une seule personne, un coaching individuel ou une décision de gouvernance sera plus pertinent.

Vos valeurs se lisent dans ce que vous acceptez de perdre

Schéma de lecture

Deux boucles, et aucun arbitrage neutre

La boucle de crédibilité

Quand la valeur coûte, et que cela se voit

Boucle de crédibilité d’une valeur d’entreprise Un arbitrage qui coûte produit un exemple visible, qui nourrit un récit dans les équipes, qui rend la valeur crédible, ce qui facilite le prochain arbitrage. Un arbitragequi coûte Un exemplevisible Un récitqui circule Une valeurcrédible ↻

La boucle de l’ironie

Quand la valeur plie, et que tout le monde le sait

Boucle de l’ironie autour d’une valeur d’entreprise Une exception tolérée entraîne le silence du CODIR, qui nourrit un récit ironique, qui rend la valeur décorative, ce qui facilite la prochaine exception. Une exceptiontolérée Un silencedu CODIR Un récitironique Une valeurdécorative ↻

Lecture : chaque arbitrage du CODIR alimente l’une des deux boucles. Les deux se renforcent d’elles-mêmes. Sortir de la seconde demande un arbitrage visible, pas une nouvelle campagne.

Les entreprises qui ont de vraies valeurs n’ont pas besoin de les écrire en grand. Cela se sent en quelques minutes, dès qu’on passe la porte. Vos valeurs ne sont pas ce que vous affichez. Ce sont les histoires que vos équipes racontent le soir, en rentrant chez elles.

Ces histoires se réécrivent, mais pas avec une nouvelle charte. Elles changent avec les prochains arbitrages de votre équipe de direction. Commencez par le test des trois questions, sur une seule valeur. Regardez ensuite ce que votre CODIR est prêt à payer pour elle.

Sources

  1. Harvard Business Review, Patrick M. Lencioni, « Make Your Values Mean Something », juillet 2002
  2. MIT Sloan Management Review, Donald Sull, Stefano Turconi et Charles Sull, « When It Comes to Culture, Does Your Company Walk the Talk? », 2020
  3. Harvard Law School Forum on Corporate Governance, Luigi Guiso, Paola Sapienza et Luigi Zingales, « The Value of Corporate Culture », 2014
  4. Gallup, State of the Global Workplace, données France
  5. MIT Sloan School of Management, « 5 enduring management ideas from MIT Sloan’s Edgar Schein », 2023
  6. CIPD, « Organisational culture and climate: an evidence review », 2022
  7. Ministère de l’Économie, « PACTE : redéfinir la raison d’être des entreprises », 2019
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