Un directeur commercial qui défend ses chiffres, un directeur technique qui protège ses délais, un DAF qui verrouille son budget. Chacun compétent, chacun sérieux, chacun dans son couloir. En comité de direction, tout le monde présente, personne ne se questionne vraiment, et les sujets transverses restent orphelins. Le comité de direction fonctionne alors en silos, non pas entre les services du dessous, mais dans la salle elle-même. Le phénomène est discret.
Il ne provoque pas de crise visible, seulement une lente perte de traction stratégique. Cet article décrit les signes concrets qui trahissent un CODIR en silos. Il propose des seuils pour distinguer l’inconfort passager du dysfonctionnement installé. Il sépare enfin ce cas précis des silos entre départements, avec lesquels on le confond souvent. Objectif: vous aider à poser un diagnostic lucide avant d’agir, plutôt qu’à empiler des séminaires qui ne traitent pas la vraie cause.
Pour situer votre situation en quelques minutes, testez le diagnostic Boussole 4C d’Insuffle.
Un CODIR en silos, ce que cela veut dire vraiment
Silo entre services
Horizontal, dans les étages
Des équipes qui ne coopèrent pas. La production ignore le commerce, la RH avance sans la finance. Le cloisonnement se joue entre départements.
Silo au CODIR
Au sommet, dans la salle
Les membres du comité eux-mêmes raisonnent chacun depuis leur périmètre, en séance, alors que leur mission est de porter l’intérêt de l’ensemble.
Le silo entre services décrit des départements qui ne coopèrent pas: la production ignore le commerce, la RH avance sans la finance. Le silo au niveau du CODIR est plus insidieux. Ici, ce sont les membres de l’équipe de direction eux-mêmes qui raisonnent chacun depuis leur périmètre, en comité, alors que leur mission est justement de porter l’intérêt de l’ensemble.
La distinction est utile car elle change la cible d’une intervention. Un dirigeant peut lancer des chantiers transverses dans les étages, alors que le cloisonnement commence à sa propre table. Comme le résume une observation courante en accompagnement, le CODIR est le miroir de l’organisation: un comité qui fonctionne en silos produit une entreprise qui fonctionne en silos.
Un CODIR en silos n’est pas un CODIR conflictuel. Il peut être parfaitement courtois. Chacun présente son domaine, écoute poliment les autres, et repart appliquer sa propre lecture. La transversalité, raison d’être du comité, s’évapore sans que personne ne l’ait voulu.
À distinguer. Silos entre services: des équipes qui ne se parlent pas horizontalement. Silos au CODIR: des directeurs qui, en comité, défendent leur territoire plutôt que de construire une décision commune. Les deux existent souvent ensemble, mais le second entretient le premier par mimétisme.
CODIR en silos, CODIR dysfonctionnel, manque de cohésion
Trois notions voisines, trois réalités différentes. Un CODIR dysfonctionnel ne décide plus, ou décide mal, pour des raisons variées. Un CODIR qui manque de cohésion souffre d’un déficit de confiance et de sécurité pour se dire les vrais désaccords. Le silo, lui, désigne précisément le repli de chacun sur son périmètre. Un comité peut être cloisonné tout en étant, en apparence, très harmonieux.
Les huit signes d’un comité de direction en silos
Aucun de ces signes n’est alarmant isolément. C’est leur accumulation, séance après séance, qui trace le portrait d’un comité cloisonné. Lisez-les comme une grille d’observation, pas comme une accusation.
Le tour de table remplace l’arbitrage
Une succession de points d’étape, jamais une décision collective.
Les sujets transverses restent orphelins
Ce qui touche deux directions flotte de séance en séance.
Chacun optimise ses propres indicateurs
Des royaumes adjacents, sans logique de service intégré.
Les vraies conversations ont lieu après
On acquiesce en séance, on détricote dans les couloirs.
Personne ne challenge un pair
Une non-ingérence polie qui tue la valeur du croisement.
Les décisions se comprennent différemment
Un accord verbal qui ne produit aucun alignement réel.
La coopération se négocie
On se comporte en représentant de son service, pas en co-responsable.
Le dirigeant sert d’unique liaison
Rien ne circule horizontalement, tout remonte au DG.
1. Le tour de table remplace l’arbitrage
La séance est une succession de points d’étape. Le commercial parle du commerce, la technique de la technique, chacun deux minutes ou vingt. Personne ne questionne le périmètre du voisin. Le comité produit des monologues alignés bout à bout, jamais une décision collective. C’est le signe le plus visible et le plus banal.
2. Les sujets transverses restent orphelins
Dès qu’un enjeu concerne deux directions à la fois, il flotte. Un projet qui touche la supply chain et le commercial, une décision qui engage la RH et la finance: le sujet est évoqué, jamais porté. Il revient au CODIR suivant, inchangé. Chacun attend que l’autre s’en saisisse.
3. Chaque directeur optimise ses propres indicateurs
Les membres pilotent leur tableau de bord, protègent leurs équipes, défendent leur budget. La performance de chaque périmètre progresse, mais l’impact sur l’ensemble n’intéresse personne. On appelle parfois ce fonctionnement les royaumes adjacents: des directions qui coexistent sans logique de service intégré.
Test rapide. Demandez à chaque membre du comité de raconter la contribution du CODIR à un même projet majeur. Si vous obtenez autant de récits différents que de personnes, avec des priorités opposées, le cloisonnement est installé.
4. Les vraies conversations ont lieu après la réunion
En séance, tout le monde acquiesce. Les objections se règlent ensuite, dans les couloirs, en bilatéral avec un allié. Les décisions se détricotent dès la porte fermée. Le comité valide une chose, l’organisation en applique une autre. Ce déplacement des désaccords vers les coulisses est un marqueur fort du silo relationnel au sommet.
5. Personne ne challenge un pair sur son domaine
Une règle tacite s’installe: on ne met pas le nez dans le périmètre de l’autre. Le directeur commercial ne questionne pas les délais techniques, le DAF ne discute pas la politique RH. Chacun est souverain chez lui. Cette non-ingérence polie tue la valeur ajoutée d’un comité, qui repose précisément sur le croisement des regards.
6. Les décisions se comprennent différemment selon les membres
Une décision est annoncée, tout le monde hoche la tête. Deux semaines plus tard, chacun en porte une version différente. L’accord verbal n’a pas produit d’alignement réel, parce que personne n’a relié la décision aux enjeux des autres périmètres. Chacun a retenu ce qui l’arrangeait dans son couloir.
7. La coopération se négocie comme entre partenaires externes
Quand deux directions doivent travailler ensemble, cela ressemble à une négociation commerciale: échange de contreparties, protection des intérêts, méfiance de fond. Les membres se comportent en représentants de leur service plutôt qu’en co-responsables de l’entreprise. La solidarité de comité cède la place au calcul de périmètre.
8. Le dirigeant sert d’unique point de liaison
Rien ne circule horizontalement. Toute coordination remonte au DG, qui redistribue. Le comité fonctionne en étoile, avec le dirigeant au centre, et non en réseau. Résultat: le dirigeant se retrouve seul à tenir la transversalité que le collectif devrait porter.
Inconfort passager ou silo installé, comment trancher
Un comité n’est jamais parfaitement fluide. Reconnaître un ou deux de ces signes de façon ponctuelle n’a rien d’inquiétant. Le diagnostic se joue sur la fréquence, la durée et l’effet en aval.
| Critère | Inconfort passager | Silo installé |
|---|---|---|
| Fréquence des signes | Un ou deux, occasionnels | Quatre et plus, à chaque séance |
| Durée | Lié à une période chargée | Le fonctionnement par défaut depuis des mois |
| Sujets transverses | Traités avec un temps de retard | Jamais réellement portés |
| Effet en aval | Équipes qui coopèrent encore | Silos qui se durcissent dans les étages |
| Parole du dirigeant | “On perd un peu de fluidité” | “Je porte tout, seul” |
La bascule se lit surtout à un signal: le cloisonnement du comité se reproduit aux niveaux inférieurs. Les comportements du sommet essaiment par mimétisme. Quand un dirigeant décrit des équipes en silos, la première question utile est de vérifier si le comité, lui, donne l’exemple de la coopération qu’il réclame.
Piège de diagnostic. Ne confondez pas un silo installé avec une simple surcharge. Une équipe de direction en pic d’activité peut cocher plusieurs signes sans être cloisonnée sur le fond. Regardez ce qui subsiste une fois la période intense passée: c’est là que le vrai fonctionnement apparaît.
Pourquoi un CODIR se cloisonne sans le décider
Le silo au sommet n’est presque jamais le fruit d’une mauvaise volonté. Il s’installe par glissement, sous l’effet de plusieurs mécanismes qui se renforcent.
Pas de règles du jeu explicites
Sans cadre partagé sur ce qu’on décide, le vide se remplit par le réflexe le plus naturel: défendre son périmètre.
Logique de mesure individuelle
Quand chacun est évalué sur ses seuls indicateurs, le système récompense l’optimisation locale, pas l’intérêt d’ensemble.
Évitement des désaccords
La retenue polie préserve une illusion d’harmonie et empêche le débat transverse qui ferait sortir chacun de son couloir.
Poids de l’histoire
Une organisation bâtie sur des logiques métier verticales fabrique naturellement des directeurs verticaux.
L’absence de règles du jeu explicites
Sans cadre partagé sur ce qu’on décide en comité, comment on tranche et qui met en œuvre, chacun interprète la séance à sa façon. Le vide se remplit par les réflexes individuels, et le réflexe le plus naturel est de défendre son périmètre. Le flou sur les rôles nourrit directement le cloisonnement.
La logique de mesure individuelle
Quand chaque directeur est évalué sur ses seuls indicateurs, le système récompense l’optimisation locale. Se préoccuper de l’ensemble ne rapporte rien, parfois même cela expose. Les incitations poussent mécaniquement vers le silo, même chez des personnes de bonne foi.
L’évitement des désaccords
Beaucoup de comités adoptent une posture prudente. On formule les désaccords à demi-mot, on contourne les tensions, on préserve une illusion d’harmonie. Cette retenue empêche le débat transverse, celui qui obligerait chacun à sortir de son couloir. Sur ce point, le lien avec un déficit de gestion des tensions au CODIR est direct.
Le poids de l’histoire de l’organisation
Une entreprise bâtie sur des logiques métier verticales fabrique naturellement des directeurs verticaux. Le cloisonnement du comité prolonge une structure ancienne. Il ne se corrige pas par un discours, mais en créant les conditions concrètes d’un autre fonctionnement.
Ce que le cloisonnement coûte à l’entreprise
Le silo au sommet ne déclenche pas de crise spectaculaire. Il érode, lentement. Trois coûts principaux méritent l’attention d’un dirigeant.
Trois coûts invisibles au tableau de bord
Lenteur décisionnelle
Les sujets transverses s’étirent sur plusieurs séances. Un comité qui ne tranche pas bloque des dizaines d’équipes en aval.
Contagion vers les étages
Les comportements du sommet se reproduisent partout par imitation. Décloisonner en bas sans traiter le comité reste fragile.
8 %
d’engagement des salariés en France (Gallup 2026), contre environ 20 % au niveau mondial. Un comité cloisonné n’aide pas à inverser la tendance.
La lenteur décisionnelle. Les sujets transverses, faute de porteur, s’étirent sur plusieurs séances. Un CODIR qui ne tranche pas bloque des dizaines d’équipes en aval, qui attendent un arbitrage qui ne vient pas.
La contagion vers les étages. Les comportements du comité se reproduisent partout par imitation. Un sommet cloisonné rend presque vains les efforts de décloisonnement menés plus bas. C’est pourquoi travailler les silos entre services sans traiter le comité donne des résultats fragiles.
L’usure de l’engagement. Un fonctionnement en silos au sommet finit par lasser. Selon Gallup, l’engagement des salariés en France reste faible, autour de 8% pour l’édition 2026 du State of the Global Workplace, contre environ 20% au niveau mondial. Un comité qui ne coopère pas n’aide pas à inverser cette tendance, il l’alimente.
À l’inverse, un comité qui retrouve une logique commune accélère nettement ses arbitrages. Les organisations qui investissent ce chantier rapportent des cycles de décision plus courts, sans qu’un chiffre unique puisse être garanti tant l’effet dépend du contexte de chaque entreprise.
Un coût que le tableau de bord ne montre pas
Le piège du silo au sommet tient à son invisibilité comptable. Aucune ligne budgétaire ne s’intitule “cloisonnement du comité”. Les indicateurs de chaque périmètre peuvent même paraître bons, puisque chacun optimise son domaine. Le coût se loge ailleurs. Il apparaît dans les projets transverses qui n’aboutissent pas et dans les arbitrages repoussés de trimestre en trimestre. Il se lit aussi dans le temps que le dirigeant passe à recoller ce que le collectif devrait produire seul.
Prenons une configuration observée en accompagnement. Une ETI familiale, comité de sept personnes, résultats corrects. En apparence, rien ne cloche. En creusant, un même projet stratégique traînait depuis quatre séances: il touchait trois directions, aucune ne le portait. Personne n’était en tort individuellement. Le sujet tombait simplement dans l’angle mort entre les périmètres. C’est la signature typique d’un comité en silos: ce ne sont pas les personnes qui défaillent, c’est l’espace entre elles qui reste vide.
Par où commencer pour décloisonner
Décloisonner un comité ne se règle pas par une injonction à mieux coopérer. Cela suppose de changer les conditions dans lesquelles le collectif travaille. Voici trois leviers concrets à activer, du plus simple au plus structurant.
Nommer le fonctionnement, sans viser personne
Un constat partagé, porté par le dirigeant: en tant que comité, on fonctionne en silos. Pas une accusation, un problème collectif.
Rendre les décisions transverses par construction
Formuler avant chaque séance les deux ou trois décisions qui engagent plusieurs périmètres. Reformuler chaque arbitrage à voix haute.
Créer un espace hors du rythme courant
Un temps dédié, distinct des CODIR ordinaires, pour travailler le fonctionnement collectif avec un regard extérieur sans territoire.
Nommer le fonctionnement, sans viser personne
Le premier pas est un constat partagé, porté par le dirigeant: “en tant que comité, on fonctionne en silos”. Pas une accusation, pas un domaine ciblé. Juste l’observation d’un problème collectif. Tant que ce constat n’est pas posé, chacun croira que le fonctionnement actuel est normal.
Rendre les décisions transverses par construction
Un levier simple: avant chaque comité, formuler les deux ou trois décisions transverses à prendre, pas les sujets à aborder. Une décision qui engage plusieurs périmètres oblige à sortir des couloirs. Reformuler chaque arbitrage à voix haute en fin de séance vérifie que tous en portent la même version.
Retour de terrain. Sur un comité industriel cloisonné, un facilitateur a commencé chaque séance par cinq minutes où chacun disait vraiment où il en était, tensions comprises. Ce simple rituel a rendu visibles les interdépendances que le tour de table masquait, et déplacé les conversations de couloir vers la table.
Créer un espace hors du rythme courant
Les réflexes de protection de périmètre sont ancrés. Ils ne se défont pas dans le flux des réunions opérationnelles. Un temps dédié, distinct des CODIR ordinaires, permet de travailler le fonctionnement collectif lui-même. C’est l’objet d’un séminaire CODIR centré sur l’alignement et la décision, animé avec un regard extérieur qui n’appartient à aucun périmètre.
Le regard externe compte, parce qu’un facilitateur n’a pas d’intérêt de territoire à défendre. Il peut nommer le silo sans être suspecté de jouer sa propre carte. C’est une des raisons pour lesquelles la facilitation stratégique agit là où le DG seul peine à intervenir, étant lui-même partie prenante de la dynamique.
Trois erreurs classiques quand on veut décloisonner
La première erreur est de travailler les équipes du dessous en laissant le comité intact. Le sommet continue alors de diffuser le modèle cloisonné, et les efforts menés plus bas se dissolvent. La coopération ne descend jamais plus loin que le comité ne la pratique lui-même.
La deuxième erreur est de miser sur un événement unique. Un séminaire réussi laisse de bons souvenirs, puis les vieux réflexes reviennent. Sans rituel de suivi entre les séances, le comité retrouve ses couloirs en quelques semaines. La régularité pèse plus que l’intensité d’un moment isolé.
La troisième erreur est de confondre décloisonnement et convivialité. Améliorer l’ambiance ne décloisonne rien si la façon de décider ne change pas. Un comité peut très bien s’apprécier et continuer de raisonner en périmètres séparés. Le vrai levier porte sur les règles de décision, pas sur le climat.
Sur les sujets sensibles, conflit larvé, transformation lourde, sortie de crise, un cadre et un accompagnement adaptés restent indispensables. Décloisonner un comité touche à des équilibres relationnels réels: cela ne s’improvise pas sans préparation.
Questions fréquentes sur le CODIR en silos
Un CODIR en silos est-il forcément conflictuel ?
+
Non, c’est même souvent l’inverse. Un comité cloisonné peut être très courtois. Chacun présente son périmètre, écoute poliment les autres, évite les frictions. Le problème n’est pas le conflit, mais l’absence de vraie confrontation des idées. La transversalité disparaît sous une harmonie de surface. C’est ce qui rend le phénomène difficile à repérer de l’intérieur.
Comment distinguer silo du CODIR et silos entre services ?
+
Les silos entre services concernent des équipes qui ne coopèrent pas horizontalement, dans les étages. Le silo du CODIR désigne les membres du comité qui, en séance, défendent leur territoire plutôt que de construire une décision commune. Le second entretient le premier par mimétisme. Traiter les équipes sans traiter le comité donne des résultats fragiles.
Le dirigeant peut-il décloisonner son comité seul ?
+
C’est difficile, pour une raison structurelle: le dirigeant est lui-même partie prenante de la dynamique. Il anime et arbitre en même temps, et sert souvent d’unique point de liaison. Poser le constat lui revient, mais l’animation du travail de décloisonnement gagne à être portée par un regard extérieur sans intérêt de périmètre.
Un séminaire suffit-il à régler le problème ?
+
Un séminaire seul ne suffit pas. Il ouvre un espace utile pour nommer le fonctionnement et amorcer un autre mode de travail, mais les réflexes de protection de périmètre reviennent. La transformation d’un comité est une direction maintenue dans le temps, pas un état atteint en deux jours. Le suivi entre les séances fait la différence.
Quand un comité en silos n’est-il pas le vrai sujet ?
+
Parfois, ce qu’on prend pour un silo est une surcharge temporaire, ou un problème de composition du comité, ou un déficit de cadre décisionnel. Si les signes disparaissent une fois la période intense passée, le cloisonnement n’était pas installé. Poser un diagnostic honnête avant d’agir évite de lancer une intervention qui ne traite pas la cause réelle.
Combien de temps pour décloisonner un CODIR ?
+
Cela dépend fortement de l’ancienneté du fonctionnement et de la volonté du dirigeant. Les cycles de transformation d’une équipe de direction se comptent généralement en mois, souvent de six à dix-huit selon l’organisation, pas en semaines. Les premiers effets, eux, apparaissent plus vite dès que le constat est posé et que les règles du jeu changent.
Regarder d’abord sa propre table
Quand un dirigeant constate des silos dans son organisation, le réflexe est de lancer des chantiers dans les étages. La question plus dérangeante, et souvent plus juste, est de savoir si le comité lui-même donne l’exemple de la coopération qu’il réclame. Les huit signes décrits ici forment une grille pour poser ce diagnostic sans complaisance.
Le cloisonnement au sommet ne se corrige pas par un discours sur la synergie. Il cède quand on change les conditions concrètes du travail collectif: des règles explicites, des décisions transverses par construction, un espace dédié et un regard extérieur sans territoire à défendre. C’est un travail de fond, pas un événement. Il commence par une phrase que seul le dirigeant peut prononcer.
Aller plus loin
Votre comité coopère-t-il vraiment ?
Un échange court pour situer le fonctionnement de votre CODIR et voir si un travail de décloisonnement a du sens dans votre contexte.
Sources
- Gallup, State of the Global Workplace 2026, engagement des salariés en France et dans le monde.
- McKinsey & Company, Why do most transformations fail?, ordre de grandeur de l’échec des transformations, à interpréter avec prudence.
- Harvard Business Review, travaux sur les cultures d’équipe de direction, tensions entre harmonie apparente et décision réelle.
- Bruce W. Tuckman, Developmental sequence in small groups (1965), dynamique des phases d’un groupe de travail.
- François Dupuy, Lost in Management, sociologie du cloisonnement dans les organisations.
- INSEE, statistiques sur les entreprises et l’emploi en France, cadrage du tissu PME/ETI.
- APEC, études sur l’encadrement et le management, réalités des équipes de direction.
- MIT Sloan Management Review, publications sur la gouvernance et la décision collective, mécanismes de coordination au sommet.
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