Séminaire CODIR : pourquoi il faut se poser entre dirigeants

Yoan Lureault
8 mai 2026

Un CODIR qui ne se pose jamais est un CODIR qui survit. Pas qui pilote. Vous courez. Vous gérez. Vous réagissez aux urgences. Mais vous ne regardez pas où vous allez vraiment.

Le séminaire CODIR, c’est exactement ça. Le moment où on s’arrête. Où l’équipe dirigeante se regarde en face. Où on pose enfin les vrais sujets au lieu de les contourner dans les couloirs.

Ce texte, je l’écris après quinze ans à accompagner des CODIRs sur le terrain. Je vois ce qui change quand une équipe dirigeante se pose vraiment. Et ce qui se casse quand elle ne le fait pas.

Pourquoi un CODIR sans séminaire, c’est du pilotage à vue

Un comité de direction, ça fonctionne sur deux niveaux. D’un côté, les réunions opérationnelles. Budgets, délais, chiffres, décisions rapides. De l’autre, il y a ce qui ne se dit jamais.

Les non-dits sur la direction qu’on prend. Les désaccords qu’on ne pose pas franchement. Les tensions entre les directeurs qu’on laisse pourrir en silence. Les visions contradictoires de où la boîte doit aller.

Dans les réunions CODIR classiques, vous traitez l’urgence. Vous n’avez jamais le temps. Vous décalez les sujets stratégiques. Vous finissez par prendre des décisions sans que tout le monde soit vraiment dedans.

Et là, en bas de l’organisation, ça se ressent. Les équipes sentent que les directeurs ne sont pas alignés. Elles mettent moins d’énergie. Elles choisissent leurs batailles selon leur directeur. L’énergie collective s’émiette.

Un séminaire CODIR, c’est le moment où on brise ce cycle. Où on dit les choses. Où on regarde ensemble où on va. Où on construit un cap que tout le monde comprend vraiment.

Ce n’est pas un team building entre directeurs

Première clarification qui tue. Un séminaire CODIR, ce n’est pas un team building. Pas de jeux de rôle débiles. Pas de “qui connait le mieux ses collègues”. Pas de détente à la campagne avec des animations.

Je vois ça tout le temps dans les boîtes. Le directeur général confond séminaire CODIR et sortie d’équipe. Résultat : deux jours à la montagne, à faire des activités. On revient plus détendus. On n’a rien réglé.

Un séminaire CODIR, c’est du travail. Sérieux. Intense. C’est le moment où on pose les vraies questions. Où on se dit les choses inconfortables. Où on aligne enfin la vision de l’entreprise.

Oui, il y a de la convivialité. Oui, les gens se détendent. Mais ce n’est pas l’objectif. C’est un effet secondaire.

L’objectif, c’est alignement. C’est clarté. C’est repartir avec un cap que chacun pilote dans sa direction.

Ce qui se passe réellement dans un séminaire CODIR

Quand on accompagne un CODIR, on ne fait pas du peplum. On ne décore pas avec des mots clés brillants. On rentre dans le vif du sujet dès le démarrage.

Première partie : cartographie des enjeux. Chaque directeur expose ce qu’il voit de son poste. Les vrais défis. Les freins. Les opportunités. Et puis les autres posent des questions. Sans filtrer. C’est là où ça commence à bouger. Où on découvre que certains enjeux ne sont visibles que d’une seule direction.

Deuxième partie : les tensions. Vous en avez toujours. Entre la production et le commercial. Entre le digital et l’opérationnel. Entre la croissance à court terme et la durabilité. Vous les nommez. Vous les cartographiez. Vous comprenez d’où elles viennent vraiment.

Troisième partie : la vision. Où voulez-vous vraiment aller? Pas la vision marketing qu’on met sur le site. La vision que chacun porte dans sa tête. Et là, souvent, c’est révélateur. Vous découvrez que vous n’avez pas la même vision. Ou que vous avez des éléments de réponse qu’on n’avait jamais vraiment discutés.

Quatrième partie : le cap. Qu’est-ce qu’on garde? Qu’est-ce qu’on change? Quelles décisions on prend ensemble? Sur quoi chaque direction s’engage?

Ça peut paraître simple sur le papier. Mais en réalité, c’est dur. Parce que vous êtes en train de remettre en question ce qui vous paraissait évident à titre individuel.

Ce que ça change vraiment

Après un bon séminaire CODIR, plusieurs choses bougent.

Premièrement, les décisions deviennent cohérentes. Quand chaque directeur comprend le cap global, il ne prend plus des décisions qui tirent la boîte dans tous les sens. Il y a une logique. Un fil rouge.

Deuxièmement, les équipes sentent la différence. Quand le CODIR arrive en réunion d’équipe et qu’on dit “voici où on va”, il y a une crédibilité nouvelle. Ce n’est plus chacun son truc. C’est une direction partagée.

Troisièmement, les tensions ne disparaissent pas. Mais elles deviennent productives. Au lieu de pourrir en silence, elles s’expriment dans un cadre clair. “Oui, il y a une tension entre croissance et durabilité. Voici comment on la traite.”

Quatrièmement, la prise de décision s’accélère. Moins de débat stérile après coup. Moins de politiques internes. Parce que le cadre est clair pour tout le monde.

Et enfin, vous attirez et gardez les talents. Une équipe dirigeante alignée, ça se voit. Les gens sentent qu’il y a une direction. Qu’on ne joue pas des jeux de pouvoir. Qu’on peut vraiment contribuer.

Le brouillard versus le cap

Il y a une image qui marche bien. Le brouillard. Vous naviguez dans le brouillard. Vous voyez à dix mètres. Vous faites des manoeuvres à court terme. Vous avez peur de heurter un rocher qu’on ne voit pas.

Ça coûte cher énergétiquement. Ça crée de l’anxiété. Ça ralentit.

Un séminaire CODIR bien fait, c’est le moment où le brouillard se lève. Pas complètement. Vous ne voyez pas à l’horizon. Mais suffisamment pour naviguer vraiment.

Vous pouvez planifier à moyen terme. Vous pouvez engager les gens sur quelque chose qui a du sens. Vous pouvez recruter en disant “voici où on va vraiment”. Vous pouvez investir dans les bonnes choses.

Le cap, c’est pas une vision rose sur papier glacé. C’est “dans trois ans, nous aurons fait ça, transformé ceci, quitté cela”. Et chaque direction sait ce qu’elle pilote pour y arriver.

Qui devrait organiser un séminaire CODIR?

Tous les CODIRs. Mais à des moments clés.

Vous êtes en croissance rapide et l’équipe se sent écartée? Séminaire CODIR.

Vous avez des tensions qui s’éternisent entre deux directions? Séminaire CODIR.

Vous venez de recruter un nouveau directeur et les anciens sentent une menace? Séminaire CODIR.

Vous avez lancé une stratégie y a deux ans et ça ne passe pas vraiment? Séminaire CODIR.

Vous n’avez pas réfléchi ensemble à votre vision depuis quatre ans? Séminaire CODIR.

En général, je recommande un séminaire CODIR par an minimum. Pas parce qu’il faut faire du bruit. Parce que la boîte change. Les enjeux évoluent. Et l’équipe dirigeante doit se recalibrer régulièrement.

Comment bien organiser un séminaire CODIR

La clé, c’est l’accompagnement externe. Je dis ça sans conflit d’intérêt : vous ne pouvez pas le faire tout seul.

Pourquoi? Parce que le DG a du pouvoir dans la pièce. Même s’il dit “je n’impose rien”, chacun sait que c’est lui qui distribue les enveloppes budgétaires. Donc les gens ne parlent pas. Pas vraiment.

Un facilitateur externe crée de l’espace. Il dit les choses que personne n’ose dire. Il nomme les tensions sans faire de dégâts. Il pousse les gens à être francs.

Deuxième point : le lieu. Hors de la boîte. Pas à deux cents mètres du siège. Vraiment loin. Parce que si vous êtes trop près, vous allez regarder vos mails. Quelqu’un va gérer une urgence. Et vous allez revenir au brouillard.

Troisième point : la durée. Deux jours minimum. Vous n’avancez pas sur des vrais sujets en demi-journée. Vous avez besoin de temps pour que ça bouge.

Quatrième point : la préparation. Avant le séminaire, chaque directeur réfléchit à ses enjeux. Il prépare son point de vue. Pas une présentation PowerPoint. Des vraies réflexions. Du vrai travail préalable.

Cinquième point : l’après. Le séminaire produit des décisions. Il faut en vivre. Vous choisissez comment on va revisiter le cap. Comment on va impliquer les équipes. Comment on va prendre les décisions qui en découle.

Un séminaire CODIR sans après, c’est comme une stratégie qu’on écrit et qu’on range dans un tiroir.

La facilitation stratégique pour aller plus loin

Un séminaire CODIR, c’est une séance. Mais il y a un travail plus large derrière. C’est ce qu’on appelle facilitation stratégique.

C’est accompagner l’équipe dirigeante à travers plusieurs moments. Pas juste se poser une fois. Mais vraiment transformer comment le CODIR fonctionne. Comment il prend les décisions. Comment il aligne l’organisation.

La facilitation stratégique, c’est des ateliers réguliers. De la clarification des rôles. De l’alignement sur des questions épineuses. De l’accompagnement des changements qu’on a décidé.

Cela peut inclure un séminaire entreprise complet où non seulement le CODIR se pose, mais où il embarque aussi les équipes. Où tout le monde aligne son compréhension du cap.

C’est plus dur. Ça prend plus de temps. Mais c’est là qu’il se passe vraiment quelque chose.

Quand le séminaire CODIR sort du brouillard

Je me souviens d’une boîte. PME en croissance rapide. Dix millions de chiffre d’affaires. CODIR de quatre personnes qui se battait discrètement depuis deux ans.

Le DG voyait ça comme de la normale. “C’est comme ça, les CODIRs, ça se dispute.”

On a organisé un séminaire CODIR. Deux jours. Et là, vraiment, ça s’est dit. Les tensions étaient pas sur les chiffres. Elles étaient sur la vision du métier. La DRH voulait en faire une boîte employer, attrayante pour les talents. Le directeur opérationnel voulait optimiser les marges. Le directeur commercial voulait grandir vite quitte à perdre de la marge. Le DG était rongé par l’idée qu’il n’avait pas le cap clair lui-même.

On a cartographié. On a discuté pendant deux jours. Et on a trouvé un chemin. Pas que tout le monde était d’accord. Mais chacun comprenait les arbitrages. Et chacun savait sur quoi il pouvait se battre.

Après ça, la boîte a grandi. Pas juste en chiffre. En clarté. En énergie. Parce que l’équipe dirigeante n’était plus en brouillard.

Voilà ce qu’un bon séminaire CODIR fait. Il lève le brouillard. Pas complètement. Mais suffisamment pour naviguer vraiment.

Le rôle du facilitateur dans le séminaire

Quand vous cherchez quelqu’un pour animer un séminaire CODIR, ne prenez pas un coach. Ne prenez pas quelqu’un qui va faire des powerpoints brillants sur la stratégie.

Prenez quelqu’un qui a passé du temps sur le terrain. Qui a vu des boîtes sur tous les continents. Qui comprend les tensions CODIRs parce qu’il les a navigues cent fois.

Un bon facilitateur, c’est quelqu’un qui:

  • Pose des questions qui changent la conversation
  • Nomme les choses qu’on n’ose pas dire
  • Crée de la sécurité pour que chacun parle
  • Accompagne sans imposer sa vision
  • Connaît les pièges qu’un CODIR rencontre généralement

Ce qu’un facilitateur ne fait pas:

  • Il ne remplace pas le DG. Le DG reste leader du CODIR.
  • Il n’invente pas la stratégie. C’est le CODIR qui la construit.
  • Il ne juge pas les tensions. Il les cartographie et les utilise.
  • Il ne fait pas de coaching individuel caché. Tout se dit en groupe.

Quand vous partez en séminaire CODIR avec un bon facilitateur, vous revient avec du matériau clarifié. Pas avec des solutions miracle. Avec une vraie compréhension collective de où vous allez.

Insuffle et les séminaires CODIR

C’est exactement ce qu’on fait chez Insuffle depuis quinze ans. On accompagne les équipes dirigeantes à se poser. À clarifier leur cap. À aligner leur vision.

Chez Insuffle, on pratique la facilitation entreprise qui va bien au-delà du séminaire ponctuels. C’est de l’accompagnement de fond. C’est transformer comment le CODIR fonctionne.

Et puis il y a le travail sur le futur désiré. Ce n’est pas juste “où allons-nous?” en mode générique. C’est vraiment imaginer, détail par détail, le futur qu’on veut construire. Et puis commencer à le vivre dès maintenant.

Les questions qu’un séminaire CODIR doit aborder

Avant de rentrer en séminaire, voici les grandes questions qui vont vous structurer le travail:

  • Qu’est-ce qu’on est vraiment en train de faire dans cette boîte? Au-delà de la description de poste.
  • Vers où on veut vraiment aller? Et est-ce que nous quatre, on veut vraiment la même chose?
  • Quels sont les vrais enjeux qu’on n’ose pas poser normalement?
  • Comment on prend les décisions vraiment? Pas comment on dit que on les prend. Vraiment.
  • Où est-ce qu’on perd de l’énergie collective qui pourrait être utile?
  • Si on se donnait trois ans, qu’est-ce qu’on aurait changé pour que ça vaut le coup?

Un bon séminaire CODIR sèvre autour de ces questions. Pas pour avoir des réponses parfaites. Mais pour aligner la compréhension.

FAQ: Les questions les plus souvent posées

Ça doit coûter cher, un séminaire CODIR?

Pas pour ce que ça rapporte. Si le CODIR sort du brouillard, vous gagnez en décision rapide, en cohérence, en attractivité. Vous perdez moins de temps en débats stériles. Les équipes s’engagent mieux. Vous attirez les talents. Vous gardez les gens qui font la différence.

En PME, on parle de dix mille à vingt mille euros pour un bon séminaire CODIR. En ETI, le double. C’est l’investissement le moins cher que vous allez faire si vous êtes mal alignés.

Combien de temps avant de voir les résultats?

Les changements commencent dès la deuxième réunion CODIR après le séminaire. Les équipes sentent la différence en quelques semaines. Les vrais résultats, c’est six mois à un an. Parce que ça demande de vivre avec les nouvelles règles. De les tester. De les ajuster.

Et si un directeur refuse de jouer le jeu?

C’est un bon diagnostic. Si quelqu’un refuse, c’est qu’il y a quelque chose qui ne va pas vraiment. Soit ce directeur n’est plus aligné avec la boîte. Soit il a peur de ce qui va se dire. Soit il ne croit pas au mouvement.

Un bon facilitateur aidera à comprendre ça. Parfois, ça crée des changements de poste. Parfois, ça crée des conversations qui sauvent la relation. Mais il faut regarder en face.

Est-ce qu’un séminaire peut suffire?

Non. Un séminaire, c’est un moment. C’est important. Mais c’est un moment. Après, il faut vivre avec les décisions. Il faut s’assurer que les équipes comprennent le cap. Il faut revisiter régulièrement.

C’est pour ça qu’on parle de facilitation stratégique. C’est du travail de fond. Le séminaire, c’est une étape. Importante. Mais une étape.

Qui doit être présent au séminaire?

Le CODIR complet. Pas de “nous avons une urgence, untel ne peut pas venir”. Si untel ne peut pas venir, il faut reprogrammer. Parce que si quelqu’un manque, le cap qu’on construit n’est pas vraiment le sien. Et il ne le pilote pas vraiment après.

Parfois, on y ajoute quelques personnes clés qui vont vivre les décisions. Une personne du digital. Une du RH. Mais c’est du cas par cas.

Comment on rend compte aux équipes du séminaire?

C’est une bonne question. Et trop souvent, c’est fait mal. Le DG revient, convoque une réunion générale, et débite la stratégie pendant une heure. Les gens sont passifs. Ça ne prend pas.

Un bon séminaire CODIR débouche sur de vrais moments d’alignement avec les équipes. Des ateliers. Des conversations. Pas du “voici ce qu’on a décidé”. Mais “voici ce qu’on a réfléchi ensemble et comment on avance”.

Qu’est-ce qui peut rater?

Un séminaire CODIR peut rater si:

  • Vous avez un bon facilitateur mais un DG qui contrôle vraiment le résultat
  • Vous faites du séminaire mais vous ne vivez pas avec après
  • Vous posez les vraies questions mais vous ne tirez pas les conséquences
  • Vous avez un gars qui ne joue vraiment pas le jeu et que vous ne gérez pas
  • Vous attendez des résultats magiques au lieu de vivre avec un processus de changement

Conclusion: Se poser, c’est piloter

Un CODIR qui ne se pose jamais ne pilote pas. Il ragote. Il gère les urgences. Il navigue dans le brouillard.

Un séminaire CODIR, c’est l’antidote. C’est le moment où on arrête de courir. Où on se regarde en face. Où on construire un cap ensemble.

Ce n’est pas simple. Ça demande de se dire les choses inconfortables. De remettre en question des certitudes. De s’engager vraiment sur quelque chose.

Mais c’est indispensable. Parce qu’une boîte qui croît sans que l’équipe dirigeante soit alignée, ça casse. C’est pas une question de si. C’est une question de quand.

Un bon séminaire CODIR, bien accompagné, ça sort le brouillard. Pas complètement. Mais suffisamment pour que chacun sache vraiment où il va et pourquoi c’est important.

Et ça change tout.

À propos de Yoan Lureault

Fondateur d'Insuffle et Insuffle Académie, facilitateur en intelligence collective et formateur, basé à Deauville. J'accompagne PME, ETI et fonction publique dans leurs transformations : diagnostics stratégiques, séminaires de direction, alignement d'équipes, évolution des pratiques managériales. Mon approche : cash, terrain, zéro bullshit — via mes démarches propriétaires (Futur Désiré®, Boussole 4C, ...).

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