Vous êtes DRH, et vous voyez ce que votre comité de direction ne voit plus. Les mêmes sujets qui reviennent d’un CODIR à l’autre. Des décisions prises un jeudi, oubliées le lundi. Une tension entre deux directeurs que personne ne nomme. Vous savez qu’un séminaire de direction bien mené changerait la donne. Reste le plus difficile : le faire adopter par votre direction générale et par vos pairs du comité.
Porter ce projet en interne demande autre chose qu’une conviction personnelle. Il faut un diagnostic partagé, un argumentaire adapté à chaque interlocuteur, des réponses aux objections et un bon sens du calendrier. Ce guide vous donne la méthode pour proposer un séminaire CODIR sans vous heurter à un “plus tard” poli. Il vous aide à positionner ce temps fort comme une réponse aux enjeux réels de l’entreprise.
Pourquoi c’est souvent au DRH de porter ce projet
Ce que le DRH voit
Le fonctionnement
•Les mêmes sujets qui reviennent d’un CODIR à l’autre
•Des décisions actées puis oubliées
•Une tension entre deux directeurs que personne ne nomme
•Un dirigeant qui s’isole peu à peu
Ce que la direction mesure
Le résultat
→Chiffre d’affaires et marge
→Délais d’exécution des projets
→Productivité et performance
de salariés engagés en France, contre 20% dans le monde. Le pont entre les deux colonnes. Source : Gallup, State of the Global Workplace 2026.
Le DRH occupe une position singulière au sein du comité de direction. Il siège dans l’instance, mais il observe aussi ses dynamiques avec un pas de côté que les autres directeurs n’ont pas. C’est souvent lui qui perçoit en premier les signaux faibles. Un désengagement qui gagne les équipes. Des décisions du CODIR qui ne se traduisent jamais sur le terrain. Un dirigeant qui s’isole.
Cette position donne une légitimité, mais elle crée aussi un piège. Le DRH qui propose un séminaire de direction peut être perçu comme celui qui veut “faire de la cohésion” ou “remettre de l’humain”. Ces termes font lever les yeux au ciel de bien des directeurs financiers. Le sujet n’est pas là. Un séminaire CODIR sert d’abord à trancher des sujets stratégiques qui traînent et à réaligner l’équipe dirigeante sur ses priorités.
Le décalage entre ce que vous voyez et ce que la direction mesure
Votre direction générale pilote au résultat. Vous, vous voyez le fonctionnement. Ce décalage explique pourquoi votre proposition risque de tomber à plat si vous parlez climat social quand votre DG attend un impact sur la performance. Il faut relier les deux.
Les chiffres aident à faire ce pont. Selon Gallup (State of the Global Workplace 2026, données 2025), seuls 8% des salariés français se déclarent engagés dans leur travail. La moyenne est de 12% en Europe et de 20% dans le monde. Ce n’est pas un problème de moral. C’est un indicateur de la capacité de l’organisation à mobiliser ses forces, et cette capacité se joue en grande partie au niveau du comité de direction.
Le lien direct
Un CODIR désaligné ne produit pas seulement des réunions frustrantes. Il diffuse son flottement dans toute l’organisation. Quand l’équipe dirigeante n’a pas de cap clair, les équipes le ressentent, et le désengagement s’installe. Le lien entre santé du comité de direction et engagement des collaborateurs est direct.
Le désengagement représente un coût mondial estimé à environ 10 000 milliards de dollars de productivité perdue, soit près de 9% du PIB mondial, toujours selon Gallup. Vous n’avez pas besoin de ce chiffre global pour convaincre votre DG. Vous avez besoin de le traduire dans le coût local d’un CODIR qui tourne en rond, sujet abordé plus loin.
Pour approfondir ce lien entre pilotage de la direction et mobilisation des équipes, lisez l’article sur le désengagement qui ne vient pas d’en bas. Il éclaire un point souvent mal compris par les directions.
Construire un argumentaire par interlocuteur du CODIR
Un message par cible
Trois interlocuteurs, trois leviers
Directeur général
Levier : le cap et la décision
Dire : trois décisions structurantes actées, un cap partagé, un mécanisme de suivi.
Éviter : “renforcer les liens”.
Directeur financier
Levier : le coût d’inaction
Dire : projets abandonnés, talents qui partent, réunions qui ne tranchent pas.
Éviter : un ROI seul, difficile à défendre.
Directeurs opérationnels
Levier : le temps et l’utilité
Dire : un séminaire préparé par entretiens, centré sur leurs vrais sujets.
Éviter : deux jours bloqués pour un résultat flou.
Une erreur classique consiste à dérouler un argumentaire unique devant tout le comité. Chaque membre du CODIR réagit à des logiques différentes. Adapter votre message à chacun multiplie vos chances d’obtenir un accord réel, pas un consentement mou.
Le directeur général : le cap et la décision
Votre DG ne cherche pas un moment de cohésion. Il cherche à ce que les décisions se prennent et tiennent. Parlez-lui du séminaire comme d’un outil pour trancher les sujets qui s’enlisent et pour aligner son équipe sur les priorités des douze prochains mois.
Formulez-le en termes de résultat : sortir du séminaire avec trois décisions structurantes actées, un cap partagé et un mécanisme de suivi. Un dirigeant entend cela mieux que “renforcer les liens”.
Le directeur financier : le coût d’inaction
Le DAF va poser la question du retour sur investissement. Ne défendez pas un ROI seul, difficile à chiffrer sur un séminaire. Démontrez plutôt le coût de l’inaction, plus tangible.
- Un projet stratégique lancé, puis abandonné faute d’alignement du comité
- Un talent clé qui part parce que la direction n’arbitre pas
- Des réunions de CODIR mensuelles qui se répètent sans produire de décision
- Un dirigeant qui s’épuise à porter seul ce que le collectif devrait porter
Chiffrez ces postes avec les données de votre entreprise. Un séminaire de direction bien conçu se rembourse en quelques semaines de fonctionnement amélioré, mais c’est à vous de rendre ce calcul concret.
Les directeurs opérationnels : le temps et l’utilité
Les directeurs métiers redoutent deux jours bloqués pour un résultat flou. Rassurez-les sur l’utilité concrète : un séminaire préparé par des entretiens individuels, centré sur leurs vrais sujets, pas une succession de présentations descendantes. Montrez que leur temps sera investi, pas consommé.
Conseil de facilitateur
Avant de présenter votre projet en CODIR, testez votre argumentaire sur un ou deux directeurs alliés. Leurs objections en amont valent de l’or. Elles vous préparent aux objections publiques et transforment ces directeurs en relais de votre proposition le jour J.
Construire un dossier court et factuel
Un bon dossier de proposition tient en une page. Le comité de direction n’a pas le temps de lire un rapport. Il retient un constat, un enjeu et une première étape. Allez droit au but, comme on présente une décision, pas comme on rédige un mémoire.
Structurez ce dossier en trois blocs simples. D’abord le constat, appuyé sur des faits internes datés. Ensuite l’enjeu, relié aux priorités de l’entreprise. Enfin la proposition, formulée comme une étape peu engageante et non comme un projet lourd. Cette sobriété inspire confiance et laisse au dirigeant l’espace pour s’approprier le sujet.
Traduire le besoin en coût local, pas en principes
De l’invisible au chiffrable
Comment un non-dit devient un coût
Un sujet non tranché
Le comité repousse une clarification de périmètre entre deux directions.
→Le doublon s’installe
Deux équipes travaillent en parallèle sur les mêmes chantiers.
→Le projet prend du retard
Six mois perdus, une frustration qui monte dans les équipes.
→Le coût réel apparaît
Un responsable démissionne. La facture dépasse celle d’un séminaire.
Aucun de ces coûts ne figure sur une ligne budgétaire. Le rôle du DRH est de les rendre visibles.
Les chiffres nationaux posent le décor, mais ils ne déclenchent pas une décision. Votre direction s’engagera sur des montants qu’elle reconnaît, tirés de votre propre entreprise. Votre travail de DRH consiste à transformer un ressenti diffus en éléments chiffrés que le comité ne peut pas balayer d’un revers de main.
Rendre visible ce qui reste flou
Un CODIR qui fonctionne mal produit des coûts invisibles parce qu’ils ne figurent sur aucune ligne budgétaire. Personne ne facture une décision reportée. Pourtant ces coûts existent, et vous êtes bien placé pour les documenter.
Repérez, sur les douze derniers mois, les décisions du comité restées en suspens. Notez les projets validés puis abandonnés. Comptez les départs de cadres liés à un manque d’arbitrage. Chaque cas concret pèse plus lourd qu’une statistique générale.
Relier le fonctionnement du comité aux indicateurs suivis
Votre DG suit des indicateurs. Reliez-y la santé du CODIR. Un comité aligné accélère l’exécution des projets stratégiques. Un comité qui hésite ralentit toute l’organisation. Ce lien n’est pas théorique, il se lit dans les délais de mise en oeuvre.
Les données nationales renforcent votre propos. Le taux d’engagement des salariés français, à 8% selon Gallup, traduit une difficulté structurelle à mobiliser. Cette difficulté commence au sommet. Une équipe dirigeante qui ne tranche pas laisse les équipes sans cap, et le désengagement s’installe.
Utiliser les signaux de tension chez les managers
La pression sur l’encadrement est un signal que votre direction entend. Selon le Baromètre Absentéisme 2025 de Malakoff Humanis, les arrêts maladie des managers ont progressé de huit points sur un an. L’encadrement intermédiaire absorbe les tensions que le comité de direction ne règle pas.
Ce chiffre parle à un DG, car il touche à la capacité opérationnelle. Un CODIR qui clarifie ses arbitrages allège la charge qui pèse sur les managers. Vous positionnez alors le séminaire comme un levier de performance, pas comme une dépense de confort.
Cette traduction en coût local est le coeur de votre argumentaire. Sans elle, votre proposition reste au niveau des principes, là où une direction attend des faits. Avec elle, vous parlez le langage de la décision.
Anticiper les objections et y répondre
Le tableau des quatre objections
Ce qu’on vous dira, ce que vous répondez
| L’objection | Votre réponse en 30 secondes |
|---|---|
| “On n’a pas le budget” | Souvent une incertitude sur l’impact, pas un problème de trésorerie. Répondez par le coût d’inaction et proposez une première étape légère : un diagnostic avant tout engagement lourd. |
| “On l’a déjà fait, ça n’a rien changé” | Distinguez l’activité ludique greffée d’un vrai séminaire préparé, facilité et suivi. La différence se joue dans la préparation et le débrief, pas dans le lieu. |
| “On n’a pas le temps” | Retournez l’objection. Le CODIR passe déjà un temps considérable en réunions qui ne tranchent pas. Deux jours structurés débloquent six mois de sujets enlisés. |
| “Pourquoi un intervenant externe ?” | Neutralité pour nommer les non-dits, cadre méthodologique éprouvé, et surtout la possibilité pour le DG de participer au lieu d’animer. |
Toute proposition d’investissement en CODIR déclenche des objections. Ce n’est pas un signe d’hostilité, plutôt une marque d’engagement. Un projet sans objection est un projet que personne n’a pris au sérieux. Préparez vos réponses en amont, courtes et factuelles.
“On n’a pas le budget”
Cette objection cache souvent une incertitude sur l’impact, pas un vrai problème de trésorerie. Répondez par le coût d’inaction chiffré, déjà évoqué. Proposez aussi une première étape légère : un diagnostic du comité de direction avant tout engagement lourd. Cela réduit le risque perçu et ouvre la porte.
“On l’a déjà fait, ça n’a rien changé”
Objection fréquente et légitime. Beaucoup d’équipes ont vécu un séminaire décevant : une activité ludique greffée pour créer du lien, sans effet sur les dynamiques de fond. Distinguez nettement ce type d’événement d’un vrai séminaire de direction, préparé, facilité, avec un suivi structuré. La différence se joue dans la préparation et dans le débrief, pas dans le lieu.
“On n’a pas le temps”
Le temps est l’objection la plus difficile, car elle semble imparable. Retournez-la : le CODIR passe déjà un temps considérable en réunions qui ne tranchent pas. Deux jours structurés pour débloquer six mois de sujets enlisés représentent un gain de temps net, pas une dépense.
À ne pas faire
Ne promettez jamais un résultat garanti pour lever une objection. “Ce séminaire va transformer notre CODIR” vous fragilise. Un séminaire de direction crée les conditions d’un réalignement, il ne garantit pas un miracle. Cette honnêteté renforce votre crédibilité auprès d’un comité qui a déjà entendu trop de promesses.
“Pourquoi un intervenant externe ?”
Question centrale, surtout venant d’un DG habitué à animer lui-même ses réunions. Un facilitateur externe apporte trois choses que l’interne ne peut pas offrir. La neutralité pour nommer les non-dits. Un cadre méthodologique éprouvé. Et la possibilité pour le DG de participer au lieu d’animer. Quand le dirigeant anime, il ne peut pas être pleinement dans le contenu.
Sur les pièges récurrents à éviter dans la préparation, l’article dédié aux erreurs fatales à éviter en CODIR complète utilement cet argumentaire.
Le bon timing pour proposer un séminaire de direction
De l’idée à la mise en oeuvre
Le portage se joue en quatre temps
Amont
Diagnostic partagé en tête-à-tête avec le DG, puis un ou deux alliés du comité.
Présentation
Une première étape peu engageante proposée en CODIR, pas deux jours d’un coup.
Cadrage
Le facilitateur mène les entretiens individuels qui construisent le contenu réel.
Suivi
Débrief à J+15 et J+90 prévus d’emblée. Un séminaire sans suivi retombe.
Le moment où vous proposez compte autant que la manière. Une bonne idée présentée au mauvais moment se heurte à un refus qui n’a rien à voir avec sa valeur.
Les fenêtres favorables
Certains contextes rendent votre proposition évidente et attendue. Sachez les repérer et les saisir.
- Un changement de dirigeant ou l’arrivée d’un nouveau membre au comité
- Une fusion, une acquisition ou une réorganisation en cours
- La préparation du plan stratégique ou budgétaire de l’année
- Une tension visible qui commence à peser sur le fonctionnement du CODIR
- Un projet de transformation qui patine faute d’alignement
Le séquençage du portage
Proposer un séminaire n’est pas un événement ponctuel, c’est un processus qui s’étale dans le temps. Voici une trame qui a fait ses preuves pour porter le projet de l’idée à la mise en oeuvre.
- Amont : partagez votre diagnostic en tête-à-tête avec le DG, puis avec un ou deux alliés du comité. Vous validez le besoin avant de le rendre public.
- Présentation : proposez en CODIR une première étape peu engageante, un diagnostic ou un échange avec un facilitateur, pas directement deux jours hors les murs.
- Cadrage : une fois l’accord de principe obtenu, laissez le facilitateur mener les entretiens individuels qui construisent le contenu réel du séminaire.
- Suivi : prévoyez d’emblée les points de débrief à J+15 et à J+90. Un séminaire sans suivi retombe. Annoncer ce suivi rassure sur le sérieux du dispositif.
Cette progression réduit le risque à chaque étape. Personne ne s’engage sur deux jours d’un coup. On avance par validations successives.
Un cas fréquent : la fenêtre post-fusion
Le rapprochement de deux entreprises crée un moment où votre proposition devient presque évidente. Deux cultures se rencontrent, deux équipes dirigeantes doivent apprendre à décider ensemble, et les non-dits s’accumulent vite. Attendre que les tensions éclatent coûte plus cher que d’agir tôt.
Dans ce contexte, présentez le séminaire de direction comme un outil de construction, pas de réparation. Le comité issu de la fusion a besoin d’un cap commun et de règles de fonctionnement partagées. Un facilitateur externe aide à poser ces fondations sans qu’un camp impose sa manière de faire à l’autre. La neutralité prend ici toute sa valeur.
Le même raisonnement vaut pour une réorganisation interne ou l’arrivée d’un dirigeant. Ces moments ouvrent une fenêtre où le besoin d’alignement est reconnu par tous. Sachez la nommer clairement dans votre proposition.
Vous voulez objectiver le besoin avant d’en parler au comité ?
Échanger 30 minutes avec Yoan LureaultLa posture juste : prescripteur, pas propriétaire
Trouver le bon curseur
Ni trop en retrait, ni trop en avant
Trop en retrait
Le projet s’éteint faute de porteur. L’idée reste lettre morte.
Prescripteur
Vous initiez, diagnostiquez, proposez. Puis vous passez la main au dirigeant.
Trop en avant
Ça devient “le séminaire de la DRH”. Le comité s’en désengage.
Voici le point le plus délicat. Le DRH qui porte un séminaire CODIR doit trouver un équilibre subtil. Trop en retrait, le projet s’éteint. Trop en avant, il devient “le séminaire de la DRH”, et le DG comme les directeurs s’en désengagent.
La bonne posture est celle du prescripteur qui passe la main. Vous initiez, vous diagnostiquez, vous proposez. Mais le séminaire appartient au comité de direction, et surtout à son dirigeant. C’est le DG qui doit incarner le projet devant ses pairs, pas vous.
Faire du DG le sponsor visible
Un séminaire de direction réussi est porté par le dirigeant. Votre travail consiste à amener le DG à s’approprier le projet au point d’en devenir le sponsor visible. Cela change tout dans la perception du comité. Un projet porté par le DG engage, un projet porté par la seule DRH se subit.
La phrase qui marche
Une formulation qui fonctionne en tête-à-tête avec le dirigeant : “Je vois des sujets qui mériteraient qu’on les tranche ensemble, hors du quotidien. Je peux préparer le terrain, mais ce serait plus fort si c’est vous qui le proposez au comité.” Vous restez à l’initiative sans vous approprier le projet.
Accepter que le DG puisse dire non
Il faut envisager ce cas. Si votre DG refuse, insister frontalement vous décrédibilise. Mieux vaut planter une graine : proposez un premier échange informel avec un facilitateur, sans engagement. Beaucoup de dirigeants disent oui à une conversation là où ils diraient non à un séminaire. Le sujet reviendra, souvent porté par un événement qui rendra le besoin évident.
Un séminaire n’est d’ailleurs pas toujours la bonne réponse. Parfois, c’est le dirigeant seul qui a besoin d’un espace de recul avant de mobiliser son équipe. Un échange direct avec Yoan Lureault permet de clarifier si le collectif est prêt, ou si un autre format convient mieux à votre situation.
Les erreurs qui font capoter la proposition
Trois pièges classiques
Ce qui fait dérailler une bonne idée
Vendre l’émotion plutôt que le résultat
Cohésion et bien-être devant un comité focalisé sur la performance vous font perdre d’entrée. Parlez décision, alignement, cap. Les bénéfices humains suivent, ils ne précèdent pas.
Sauter l’étape du diagnostic
Proposer deux jours sans diagnostic préalable est une faute. Commencez par un diagnostic partagé du comité. Il objective le besoin et sécurise la décision.
Confondre séminaire et team-building
Le premier vise un objectif stratégique, le second la cohésion par l’activité. Confondre les deux fait basculer la proposition vers le “sympa mais accessoire”.
Trois erreurs reviennent régulièrement chez les DRH qui portent ce type de projet. Les connaître vous évite de tomber dedans.
Vendre l’émotion plutôt que le résultat
Parler cohésion, bien-être ou climat social à un comité de direction focalisé sur la performance vous fait perdre d’entrée. Ces dimensions sont réelles, mais elles ne sont pas votre porte d’entrée. Parlez décision, alignement, cap. Les bénéfices humains suivront, ils ne précèdent pas.
Sauter l’étape du diagnostic
Proposer directement deux jours de séminaire sans diagnostic préalable est une faute. Vous demandez au comité de s’engager lourdement sur un dispositif dont le contenu n’est pas encore défini. Commencez par un diagnostic partagé du comité de direction. Il objective le besoin et sécurise la décision.
Confondre séminaire et team-building
Un séminaire CODIR n’est pas un team-building. Le premier vise un objectif stratégique, aligner l’équipe dirigeante et trancher des sujets de fond. Le second vise la cohésion par une activité partagée. Confondre les deux dans votre proposition la fait basculer du côté du “sympa mais accessoire”, exactement là où vous ne voulez pas qu’elle soit perçue.
Pour cadrer précisément votre demande et objectiver le besoin auprès de votre direction, le diagnostic Boussole 4C constitue souvent la meilleure première étape.
Questions fréquentes sur la proposition d’un séminaire CODIR par le DRH
+Comment convaincre un DG réticent à l’idée d’un facilitateur externe ?
Présentez le facilitateur comme ce qui permet au DG de participer au lieu d’animer. Quand le dirigeant anime son propre séminaire, il ne peut pas être pleinement dans le contenu ni prendre le recul nécessaire. Le facilitateur apporte aussi la neutralité pour nommer les non-dits et un cadre méthodologique. Proposez un premier échange sans engagement plutôt qu’un projet complet d’emblée.
+Faut-il chiffrer un ROI pour faire passer le projet ?
Le ROI d’un séminaire est difficile à isoler et risqué à défendre seul. Privilégiez le coût d’inaction : projets abandonnés faute d’alignement, talents qui partent, réunions qui ne tranchent pas, dirigeant qui s’épuise. Chiffrez ces postes avec les données de votre entreprise. Ce raisonnement parle davantage à un directeur financier qu’un ROI incertain.
+Quand un séminaire CODIR n’est-il pas la bonne réponse ?
Un séminaire ne résout pas tout. Si le blocage vient d’un dirigeant isolé qui a besoin de recul avant de mobiliser son équipe, un accompagnement individuel convient mieux. Si les tensions sont trop vives, un diagnostic préalable et un travail en amont sont nécessaires avant de réunir le comité. Réunir un CODIR sans cadre ni préparation aggrave parfois les choses.
+Comment éviter que ce soit perçu comme “le séminaire de la DRH” ?
Amenez le dirigeant à s’approprier le projet et à le proposer lui-même au comité. Vous restez à l’initiative en tête-à-tête, mais c’est le DG qui incarne le projet devant ses pairs. Un séminaire porté par le dirigeant engage l’ensemble du comité. Un séminaire porté par la seule fonction RH se subit et perd en impact.
+Combien de temps prend le portage interne d’un tel projet ?
Comptez plusieurs semaines entre l’idée et le séminaire lui-même. Le portage passe par un diagnostic partagé, la validation d’alliés, la présentation en CODIR, puis le cadrage par entretiens individuels. Ce séquençage réduit le risque à chaque étape et vaut mieux qu’une proposition brutale. La durée exacte dépend de la maturité du comité et du contexte de l’entreprise.
+Quelle première étape proposer pour lever les réticences ?
Un diagnostic du comité de direction, ou un simple échange avec un facilitateur, constitue la meilleure porte d’entrée. Cette étape engage peu, réduit le risque perçu et objective le besoin par des éléments concrets. Beaucoup de dirigeants acceptent une conversation là où ils refuseraient d’emblée deux jours de séminaire. Le projet complet vient ensuite, une fois le besoin partagé.
Proposer, sans porter seul
La règle qui résume tout
Vous initiez, mais le dirigeant incarne.
Proposer un séminaire CODIR quand on est DRH tient moins de la conviction que de la méthode. Vous voyez ce que le comité ne voit plus, c’est votre force. Reste à traduire ce constat dans le langage de chaque interlocuteur, à anticiper les objections, à choisir le bon moment et à passer la main au bon moment.
La règle qui résume tout : vous initiez, mais le dirigeant incarne. Un séminaire de direction réussi appartient au comité et à son DG, pas à la fonction RH qui l’a suggéré. C’est cette bascule qui transforme une bonne idée en dispositif qui tient.
Les méthodes présentées sont à adapter au contexte de chaque équipe et organisation. Pour les sujets sensibles (conflits non résolus, transformation lourde, sortie de crise), un accompagnement par un facilitateur expérimenté est nécessaire pour garantir un cadre adapté.
Sources
- Gallup, State of the Global Workplace 2026, données France (engagement des salariés français : 8%).
- Gallup, State of the Global Workplace 2026, rapport global (engagement mondial 20%, coût du désengagement environ 10 000 Md$).
- Malakoff Humanis, Baromètre Absentéisme 2025 (arrêts des managers en hausse, étude Ifop).
- ANACT, Agence nationale pour l’amélioration des conditions de travail (ressources sur la qualité de vie au travail et le dialogue social).
- APEC, Association pour l’emploi des cadres (études sur l’encadrement et le management).
- DARES, Direction de l’animation de la recherche, des études et des statistiques (données publiques sur les conditions de travail).
- France Stratégie, institution rattachée aux services du Premier ministre (analyses prospectives sur le travail et les organisations).
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