Vous venez de prendre la tête d’une entreprise, ou d’une division, et vous héritez d’un comité de direction que vous n’avez pas choisi. Les visages sont là, les habitudes aussi. Certains membres vous jaugent, d’autres attendent de voir. Vous sentez que réunir cette équipe une demi-journée par mois ne suffira pas à créer un cap commun. L’idée d’un séminaire s’impose, mais un doute reste : est-ce trop tôt, trop risqué, trop exposé pour un dirigeant qui vient d’arriver ?
Ce premier séminaire CODIR pèse lourd. Bien mené, il pose les fondations de votre légitimité et d’une décision collective qui tient dans la durée. Mal cadré, il installe une image dont vous mettrez des mois à vous défaire. Cet article détaille quand l’organiser, ce qu’il doit produire, comment le construire, et quelle posture tenir quand on est encore le nouveau dans la pièce.
Pour situer la démarche dans votre contexte précis, un échange de 30 minutes avec Yoan Lureault aide souvent à trancher le moment juste.
Pourquoi ce premier séminaire compte plus que les suivants
La fenêtre du regard neuf
Vous voyez encore les non-dits
Habitudes figées, sujets tabous, jeux d’acteurs : tout est visible tant que vous êtes neuf.
Le CODIR lit votre façon de décider
Comment vous tranchez et gérez le désaccord oriente sa lecture des mois suivants.
Trois mois plus tard, l’angle mort
Vous devenez un rouage du système que vous vouliez faire évoluer. Le regard neuf a disparu.
Le contexte d’arrivée
8%
des salariés en France se disent engagés dans leur travail. Un dirigeant qui arrive dans une équipe désengagée ne peut pas se contenter de gérer, il doit rouvrir un sens partagé.
Source : Gallup, State of the Global Workplace 2026.
Un séminaire de direction ordinaire ajuste une trajectoire déjà partagée. Le premier, lui, la crée. C’est le moment où votre équipe dirigeante découvre comment vous pensez, comment vous tranchez, comment vous gérez le désaccord. Ce que le groupe observe ces deux jours-là oriente sa lecture des mois qui suivent.
La difficulté tient à un paradoxe bien connu des nouveaux dirigeants. On attend de vous que vous décidiez et rassuriez, alors que vous n’avez pas encore une vision consolidée de l’entreprise. Un article du Journal du Net le formule pour les DSI, mais le constat vaut pour tout dirigeant. Dès le premier CODIR, l’organisation attend une parole avec autorité, sans attendre que tout soit compris.
Ce premier rendez-vous collectif est donc une opportunité rare. Vous n’aurez plus jamais ce regard neuf sur les non-dits, les habitudes figées, les sujets que personne n’ose ouvrir. La fenêtre se referme vite. Trois mois plus tard, vous serez devenu un rouage du système que vous vouliez faire évoluer. Les enjeux sont réels : plusieurs études estiment que plus d’un tiers des dirigeants échouent dans leurs 18 premiers mois, souvent faute d’avoir posé leur légitimité assez tôt.
Un enjeu de légitimité autant que de méthode
Votre légitimité de compétence ne se décrète pas, elle se construit dans l’action. Le séminaire est un terrain d’observation pour votre CODIR. Poser un cadre clair, tenir le fil, faire parler chacun sans vous imposer sur tout : ces gestes valent plus qu’un long discours d’intronisation.
Le contexte général n’aide pas. En France, seulement 8% des salariés se disent engagés dans leur travail, selon le rapport Gallup State of the Global Workplace 2026. Un dirigeant qui arrive dans une équipe désengagée ne peut pas se contenter de gérer. Il doit rouvrir un sens partagé, et le séminaire est un des rares espaces qui le permet vraiment.
À quel moment l’organiser après votre prise de poste
Le bon tempo
Quand programmer le premier séminaire
Semaine 1
Trop tôt
Vous ignorez les dynamiques réelles et les jeux d’acteurs.
Mois 2 à 4
La bonne fenêtre
Regard neuf conservé, premiers entretiens individuels menés.
En amont
Diagnostic préalable
Chaque membre en tête à tête, sans ordre du jour figé.
Mois 6+
Trop tard
Image passive installée, décisions urgentes qui pourrissent.
La tentation est double. Certains veulent réunir le CODIR dès la première semaine pour marquer leur arrivée. D’autres repoussent de six mois, le temps de tout comprendre. Les deux extrêmes se paient.
Trop tôt, vous animez un séminaire sans connaître les dynamiques réelles de l’équipe. Vous risquez de trancher des sujets que vous maîtrisez mal, ou de vous faire piéger par des jeux d’acteurs que vous n’avez pas encore repérés. Trop tard, vous laissez s’installer une image passive, et les décisions urgentes pourrissent.
La fenêtre des deux à quatre premiers mois
Dans la plupart des cas, le premier séminaire trouve sa place entre le deuxième et le quatrième mois. Assez tôt pour bénéficier de votre regard neuf, assez tard pour avoir mené vos premiers entretiens individuels. Ce délai reste indicatif, à ajuster selon la taille de l’entreprise et le degré d’urgence stratégique.
Avant le séminaire, un travail préalable change tout. Rencontrer chaque membre du CODIR en tête à tête, sans ordre du jour figé, vous donne une cartographie des tensions et des attentes. Cette phase d’écoute individuelle vaut souvent plus que les premières décisions publiques. C’est aussi ce que préconise Michael Watkins dans sa méthode des 90 jours, qui place l’écoute structurée avant l’action.
Retour d’expérience de facilitateur
Un dirigeant de PME industrielle avait programmé son séminaire au bout de trois semaines, pressé de poser sa marque. Nous l’avons décalé de six semaines pour mener les entretiens individuels. Le séminaire a mis au jour un conflit larvé entre production et commerce, invisible depuis son bureau. Sans ces entretiens, il aurait construit un programme à côté du vrai sujet.
Si votre CODIR répète les mêmes décisions sans les appliquer, ce symptôme mérite un diagnostic à part. Nous l’avons développé dans notre article sur un CODIR qui ne décide rien.
Ce que le séminaire doit produire, et ce qu’il ne doit pas viser
Trois productions à viser
■ Un cap partagé
Une direction que chaque directeur peut piloter dans son périmètre, pas une vision floue.
■ Des sujets de fond tranchés
Ces décisions qui traînent depuis des mois, faute de temps et de recul en réunion hebdo.
■ Un mode de fonctionnement
Comment ce CODIR décide, gère le désaccord et tient ses engagements entre deux réunions.
Deux fausses cibles
■ Un team building déguisé
La cohésion se construit, elle ne se décrète pas autour d’un accrobranche. Elle est une conséquence, pas un objectif.
■ Une thérapie d’équipe
Ouvrir des conflits profonds sans cadre ni accompagnement adapté peut déstabiliser durablement.
La première erreur d’un nouveau dirigeant consiste à charger le séminaire de tout ce qu’il a en tête. Cinq sujets, huit ateliers, un agenda qui déborde. Résultat : on effleure tout, on tranche rien, et l’équipe repart aussi confuse qu’à l’arrivée.
Un premier séminaire réussi vise peu de choses, mais des choses solides. Trois objectifs suffisent, parfois deux. Le premier de tous reste la décision : un livre blanc du Campus des dirigeants le formule sans détour, un CODIR qui ne tranche rien n’en est pas vraiment un.
Les trois productions concrètes à viser
- Un cap partagé. Où va l’entreprise, et pourquoi. Pas une déclaration de vision floue, mais une direction que chaque directeur peut piloter dans son périmètre.
- Des sujets de fond enfin tranchés. Ces décisions qui traînent depuis des mois parce que les réunions hebdomadaires n’ont ni le temps ni le recul pour les traiter.
- Un mode de fonctionnement collectif. Comment ce CODIR décide, comment il gère le désaccord, comment il tient ses engagements entre deux réunions.
Ce qu’un premier séminaire n’est pas
Ce n’est pas un team building. La cohésion se construit, elle ne se décrète pas autour d’un accrobranche. Elle vient comme conséquence d’un travail sérieux, pas comme objectif affiché. Un séminaire présenté comme un moment de convivialité rate sa cible stratégique.
Ce n’est pas non plus une thérapie d’équipe. Ouvrir des conflits profonds sans cadre ni accompagnement adapté peut déstabiliser durablement. Si votre CODIR porte des tensions lourdes, un facilitateur expérimenté devient nécessaire pour tenir l’espace sans le faire exploser.
Pour distinguer proprement séminaire stratégique et animation d’équipe, notre page sur la facilitation stratégique précise les cadres d’intervention.
Construire le programme sans reproduire les erreurs classiques
Le double losange
Ouvrir large, puis resserrer vers la décision
Sauter l’ouverture donne des décisions creuses. Rester en ouverture donne un brainstorming sans suite.
Cartographier
Chaque directeur expose ce qu’il voit de son poste. Les autres questionnent sans filtrer.
Projeter
Vers quoi aller. La démarche du futur désiré, en détail, plutôt qu’un slogan de vision.
Trancher
Décider avec des critères explicites et un responsable par décision.
Ancrer
Qui fait quoi, à quelle échéance, avec quel point d’étape. Sinon l’énergie retombe.
Un bon séminaire suit une logique de divergence puis de convergence. On ouvre large, on explore, on confronte les regards, puis on resserre vers des décisions. Sauter la phase d’ouverture donne des décisions creuses. Rester en ouverture donne un brainstorming sans suite.
Une ossature en quatre temps
La première séquence pose la cartographie des enjeux. Chaque directeur expose ce qu’il voit de son poste : les vrais défis, les freins, les opportunités. Les autres questionnent, sans filtrer. C’est là qu’apparaissent les enjeux visibles d’une seule direction.
La deuxième séquence travaille la projection. Vers quoi cette entreprise veut-elle aller ? La démarche du futur désiré aide à imaginer, en détail, l’organisation souhaitée, plutôt que de rester sur un slogan de vision générique.
La troisième séquence tranche. On prend les sujets de fond identifiés et on décide, avec des critères explicites et un responsable par décision. Une décision sans porteur ni échéance ne survit pas au trajet de retour.
La quatrième séquence ancre. Qui fait quoi, à quelle échéance, avec quel point d’étape. Sans ce temps, le séminaire produit de l’énergie qui retombe en trois semaines.
Erreur fréquente à éviter
Un programme minuté à outrance, où chaque atelier s’enchaîne sans respiration. Le collectif a besoin de temps morts pour digérer. Un séminaire dont l’agenda ne laisse aucun blanc empêche justement ce qui fait sa valeur, l’émergence de ce que personne n’avait prévu.
Trois erreurs de nouveau dirigeant
- Vouloir tout décider soi-même pour marquer son autorité, au lieu de faire construire par l’équipe. L’appropriation naît de la construction collective, pas de l’annonce.
- Confondre intelligence collective et démocratie directe. Faciliter ne veut pas dire que tout se vote. Le dirigeant reste garant de la décision finale.
- Choisir un lieu prestigieux et négliger le fond. Le cadre compte, mais un beau domaine ne sauve pas un programme mal pensé.
Pour aller plus loin sur la préparation opérationnelle, notre guide préparer un CODIR efficace détaille la logistique et le cadrage amont.
Votre posture de nouveau dirigeant pendant le séminaire
Ni tout diriger, ni s’effacer
Le curseur de la posture
En phase d’ouverture
Observer les jeux de pouvoir, repérer qui n’ose pas parler, faire de la place aux voix minoritaires. Ce travail discret construit votre stature.
Au moment d’arbitrer
Sur les sujets où vous avez une conviction, l’exprimer clairement. L’équipe a besoin de savoir où vous vous situez. Vous restez garant de la décision.
La question qui revient le plus : faut-il diriger le séminaire, ou le laisser vivre ? Ni l’un ni l’autre. Votre rôle est de poser le cadre et l’intention, puis de laisser le contenu émerger de l’équipe.
Un piège classique guette le nouveau dirigeant, celui de faire à la place de. Un guide d’emlyon sur la prise de poste invite au contraire à se positionner comme celui qui pose le cadre et apporte la méthode. Cette posture vaut particulièrement en séminaire.
Parler moins, écouter mieux
Votre légitimité ne se joue pas au volume de parole. Dans un premier séminaire, un dirigeant qui écoute et reformule installe plus d’autorité qu’un dirigeant qui monopolise. Observer les jeux de pouvoir, repérer qui n’ose pas parler, faire de la place aux voix minoritaires : ce travail discret construit votre stature.
Cela dit, écouter ne veut pas dire s’effacer. Sur les sujets où vous avez une conviction, exprimez-la clairement, au bon moment. L’équipe a besoin de savoir où vous vous situez. L’art consiste à distinguer les moments d’ouverture des moments d’arbitrage.
Le problème du pouvoir dans la pièce
Même si vous dites ne rien imposer, chacun sait que vous distribuez les moyens et les responsabilités. Cette asymétrie bride la parole. Les gens ne disent pas tout, surtout à un dirigeant qu’ils connaissent depuis peu. C’est une raison structurelle, pas un défaut de votre équipe.
Un dirigeant isolé qui porte seul cette tension peine à créer un vrai débat. Nous l’abordons dans notre article sur le dirigeant de PME seul face à tout.
Adapter le séminaire à votre contexte de prise de poste
Le regard neuf comme atout
Vous voyez ce que l’équipe ne voit plus.
Trancher trop vite un sujet dont vous ignorez l’histoire.
Laisser large la phase d’écoute. Faire raconter l’histoire récente par le CODIR.
Hier collègue, aujourd’hui patron
Vous connaissez la maison et ses codes.
L’inconfort des anciens pairs, surtout ceux qui visaient le poste.
Nommer le nouveau cadre sans nier le passé, pour désamorcer les tensions.
Des loyautés encore distinctes
Une occasion de créer un collectif neuf.
Un accord de façade qui craque au premier arbitrage réel.
Construire d’abord un socle de langage et de confiance, avant le cap.
Il n’y a pas un seul type de nouveau dirigeant. Selon la façon dont vous êtes arrivé, votre premier séminaire ne se cadre pas de la même manière. Trois situations reviennent souvent, chacune avec son piège propre.
Vous venez de l’extérieur
Vous découvrez l’entreprise, ses codes, ses non-dits. Votre atout est le regard neuf. Votre risque est de trancher trop vite des sujets dont vous ignorez l’histoire. Pour un dirigeant recruté hors de la maison, le premier séminaire gagne à laisser large la phase d’écoute. Faites raconter l’histoire récente de l’entreprise par le CODIR lui-même, avant toute décision. Vous éviterez de rouvrir des plaies déjà refermées ou de relancer un débat tranché il y a six mois.
Vous avez été promu en interne
Vous connaissez la maison, mais votre statut a changé. Hier collègue, aujourd’hui patron. Cette bascule crée un inconfort chez les anciens pairs, surtout ceux qui visaient le poste. Le premier séminaire sert alors à rebattre les cartes de la relation. Il ne s’agit pas de nier le passé, mais de nommer le nouveau cadre. Un guide de Hellowork le rappelle pour l’arrivée au comité de direction. Mieux vaut observer les rituels et les jeux de pouvoir que de vouloir marquer son territoire trop vite. Un dirigeant promu qui reconnaît ce changement de posture désamorce beaucoup de tensions silencieuses.
Vous prenez la suite après une fusion ou une réorganisation
Le CODIR mélange des personnes venues d’entités différentes, avec des cultures et des loyautés distinctes. Ici, le séminaire ne peut pas viser tout de suite un cap ambitieux. Il faut d’abord construire un socle commun de langage et de confiance. Vouloir aligner une vision avant d’avoir créé ce socle mène à un accord de façade qui craque au premier arbitrage réel.
Repère transversal
Plus le contexte est chargé, plus la phase de diagnostic préalable compte. Un séminaire post-fusion sans entretiens individuels approfondis a peu de chances de produire autre chose qu’une belle photo de groupe. Le fond se joue avant le jour J.
Rappelons aussi le contexte économique. On cite souvent un taux d’échec des transformations organisationnelles autour de 70%, un chiffre popularisé par John Kotter et repris par McKinsey. Sa base empirique reste discutée, et nous en proposons une lecture critique dans notre guide sur la conduite du changement. Un premier séminaire ne renverse pas cette statistique à lui seul. Mais il pose les conditions d’une décision que l’équipe s’approprie, ce qui change tout dans l’exécution.
Animer seul ou faire appel à un facilitateur externe
| Critère | Animer soi-même | Facilitateur externe |
|---|---|---|
| Double rôle | Vous cumulez décider et animer, deux postures qui se gênent. | Le tiers tient le cadre, vous restez pleinement dirigeant dans le débat. |
| Liberté de parole | Votre pouvoir dans la pièce bride ce que le CODIR ose dire. | Sans pouvoir dans l’entreprise, il fait circuler une parole plus libre. |
| Sujets qui dérangent | Difficile de les ouvrir sans risque politique pour vous. | Il pose les questions qui dérangent sans enjeu de carrière. |
| Quand c’est suffisant | CODIR de 3 ou 4 personnes qui se connaît, sans tension particulière. | Équipe large, en transformation, ou porteuse de conflits non dits. |
Recommandation selon votre contexte
Pour un CODIR restreint et apaisé, animer soi-même une première session reste possible.
Pour un CODIR large, post-fusion ou traversé de tensions, le tiers devient un vrai levier. Un dirigeant ne peut pas à la fois plaider une position et garantir la neutralité de l’échange.
Beaucoup de nouveaux dirigeants animent leur premier séminaire eux-mêmes. C’est possible, mais cela cumule deux rôles difficiles à tenir en même temps : celui qui décide et celui qui anime le débat. Or ces deux postures se gênent.
Quand vous animez, vous ne pouvez pas vous impliquer pleinement dans le fond. Quand vous vous impliquez, vous ne facilitez plus vraiment, vous orientez. Un facilitateur externe résout ce conflit. Il tient le cadre, pendant que vous restez pleinement dirigeant dans le débat.
Ce qu’apporte un tiers neutre
Un facilitateur externe crée un espace où la parole circule autrement. Il n’a pas de pouvoir dans l’entreprise, donc les membres du CODIR se livrent plus librement. Il pose les questions qui dérangent sans risque politique. Il vous permet, à vous, de rester dans votre rôle sans arbitrer la mécanique de groupe.
Ce choix a un coût, et il n’est pas toujours justifié. Pour un CODIR de trois ou quatre personnes qui se connaît bien, sans tension particulière, vous pouvez animer vous-même une première session. Pour une équipe plus large, en transformation, ou porteuse de conflits non dits, le tiers devient un vrai levier.
Un repère simple pour décider
Si vous voulez pouvoir défendre vos convictions dans le débat, il vaut mieux confier l’animation. Un dirigeant ne peut pas à la fois plaider une position et garantir la neutralité de l’échange. Ce sont deux casquettes incompatibles dans la même heure.
Si l’idée d’un accompagnement vous parle, la page séminaire CODIR d’Insuffle présente la démarche, le déroulé type et les modalités.
Un doute sur le bon moment pour votre premier séminaire ?
Un premier échange permet de situer la démarche dans votre contexte.
Questions fréquentes sur le premier séminaire CODIR
Combien de temps prévoir pour un premier séminaire ?
+
Un format d’une à deux journées convient à la plupart des situations. Une journée suffit pour un cap et deux ou trois décisions. Deux jours deviennent utiles quand il faut aussi retravailler le fonctionnement collectif ou traiter des tensions. Le format en deux jours consécutifs, avec une soirée commune, aide un CODIR qui se connaît peu à créer du lien informel. La durée dépend de la taille du comité et de la profondeur des sujets, à caler selon votre contexte.
Faut-il un diagnostic avant le séminaire ?
+
Oui, même léger. Organiser un séminaire sans avoir écouté chaque membre revient à construire un programme à l’aveugle. Des entretiens individuels confidentiels révèlent les vraies attentes et les tensions invisibles depuis le bureau du dirigeant. Cette étape change souvent le cadrage du séminaire lui-même.
Combien de temps entre la décision et le jour J ?
+
Comptez plutôt quatre à six semaines. Il faut mener les entretiens préalables, concevoir un programme sur mesure et organiser la logistique. Un séminaire monté en une semaine se contente souvent d’un format générique, loin des vrais enjeux de l’équipe.
Et si mon premier séminaire risque d’ouvrir des conflits ?
+
C’est justement le cas où un facilitateur externe devient précieux. Ouvrir des tensions lourdes sans cadre ni accompagnement peut abîmer durablement une équipe. Un tiers expérimenté sait tenir l’espace pour que le conflit devienne productif au lieu de déstabiliser. N’improvisez pas ce type de séance seul.
Quand un séminaire n’est-il pas la bonne réponse ?
+
Quand le problème est d’abord individuel. Si un membre du CODIR pose une difficulté personnelle, un séminaire collectif ne réglera rien et pourra même l’exposer. De même, si vous cherchez seulement à souder l’équipe sans enjeu stratégique, un temps convivial plus simple sera plus honnête qu’un séminaire déguisé.
Dois-je fixer moi-même tous les objectifs ?
+
Non. Arrivez avec une intention claire, pas avec un ordre du jour verrouillé. Un premier séminaire qui construit ses priorités avec l’équipe crée bien plus d’adhésion qu’un programme imposé. Votre rôle est de cadrer l’intention et de garantir la décision finale, pas de tout décider avant même d’avoir écouté.
Poser les fondations plutôt que marquer le territoire
À retenir
Votre premier séminaire CODIR n’est pas une démonstration de force. C’est le moment où vous transformez un comité hérité en équipe dirigeante qui partage un cap.
Écoutez avant d’animer. La réussite tient à la façon dont vous faites décider ensemble.
Visez peu, mais solide. Deux ou trois productions tenues valent mieux qu’un agenda qui déborde.
Un tiers vous rend plus dirigeant. Pas moins. Il tient le cadre pendant que vous portez le fond.
Votre premier séminaire CODIR n’est pas une démonstration de force. C’est le moment où vous transformez un comité hérité en équipe dirigeante qui partage un cap. La réussite tient moins à ce que vous décidez qu’à la façon dont vous faites décider ensemble.
Écoutez avant d’animer, visez peu de choses mais solides, et acceptez qu’un tiers neutre puisse vous rendre plus dirigeant, pas moins. Un premier séminaire bien posé vous fait gagner des mois de légitimité. Pour vérifier si votre situation s’y prête, un premier échange avec Yoan Lureault reste le point de départ le plus simple.
Les méthodes présentées sont à adapter au contexte de chaque équipe et organisation. Pour les sujets sensibles (conflits non résolus, transformation lourde, sortie de crise), un accompagnement par un facilitateur expérimenté est nécessaire pour garantir un cadre adapté.
Sources
- Gallup, State of the Global Workplace 2026, données France : 8% de salariés engagés en France.
- Journal du Net, DSI, vos premières semaines valent plus que votre sixième mois : le paradoxe de la prise de parole en début de mandat.
- emlyon business school, Prise de poste de dirigeant, réussir ses 100 premiers jours : posture et rôle du CODIR dans la légitimité.
- Hellowork, CODIR, 7 choses à savoir avant votre premier comité de direction : codes et écueils du premier CODIR.
- Le Campus des dirigeants, Booster son CODIR, bonnes pratiques : un CODIR qui ne décide pas n’en est pas un.
- Le chiffre souvent cité de 70% d’échec des transformations remonte à John Kotter (estimation reprise dans A Sense of Urgency, 2008) et circule chez McKinsey et dans la presse managériale. Il repose sur une base empirique fragile et se lit avec prudence.
- Cadre Dirigeant Magazine, Nouvelle fonction, réussir vos 100 premiers jours : plus d’un tiers des dirigeants échouent dans les 18 premiers mois.
- Michael Watkins, Les 90 jours pour réussir sa prise de poste, via Journal du Net : l’écoute structurée avant l’action.
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