La fusion est signée, les avocats ont plié bagage, et vous voilà avec deux équipes de direction dans la même salle. Chacune arrive avec ses réflexes, son vocabulaire, sa manière de trancher. Le premier CODIR commun ressemble vite à une table de négociation feutrée, où personne ne dit vraiment ce qu’il pense. Vous sentez deux camps, pas une équipe.
C’est le moment le plus sous-estimé d’une fusion. Les synergies promises aux actionnaires se jouent moins dans les tableaux financiers que dans cette pièce, autour de dirigeants qui ne se font pas encore confiance. Un CODIR post-fusion qui ne se soude pas bloque toute la suite.
Cet article donne une méthode concrète pour transformer deux directions en une seule équipe qui décide. Pas de recette magique, des étapes issues du terrain de la facilitation stratégique, à adapter à votre contexte.
Voir comment la facilitation stratégique aide un CODIR à décider ensemble.
Pourquoi un CODIR post-fusion cale si souvent
Ce que disent les chiffres
La réussite d’une fusion ne se joue pas au montage financier. Elle se joue à l’intégration, là où deux équipes de direction doivent réellement fonctionner ensemble.
des fusions réalisent réellement les synergies attendues, alors que 71% semblaient réussies au départ. Source Eight Advisory, plus de 700 opérations.
de taux d’échec sur les indicateurs boursiers et opérationnels, selon les travaux repris par l’Institut de l’Entreprise.
mois pour intégrer une équipe de direction, selon l’organisation. Les premières semaines sont décisives.
Les chiffres sur les fusions sont sévères. Selon une étude Eight Advisory portant sur plus de 700 opérations, seules 40% des fusions réalisent réellement les synergies attendues, alors que 71% semblaient réussies au départ. L’écart entre la réussite perçue et la réussite réelle est le vrai sujet.
Les taux d’échec cités varient selon ce qu’on mesure. Les travaux repris par l’Institut de l’Entreprise évoquent un échec autour de 70% sur les indicateurs boursiers et opérationnels. D’autres analyses parlent de 60% d’opérations en deçà de leurs objectifs stratégiques. Ces chiffres ne mesurent pas la même chose, mais ils pointent tous le même moment critique : l’intégration.
Il faut distinguer deux niveaux. L’intégration post-fusion couvre tout : systèmes, RH, finance, juridique. Le CODIR post-fusion désigne plus précisément l’équipe de direction issue du rapprochement. C’est un sous-ensemble, mais un sous-ensemble décisif, car c’est là que se prennent les arbitrages qui conditionnent tout le reste.
Traduit à l’échelle du comité de direction, le problème prend un visage concret. Deux directeurs financiers pour un poste. Deux visions du reporting. Deux styles de décision, l’un consensuel, l’autre vertical. Le CODIR devient le lieu où ces frictions remontent, sans que personne ne les nomme.
Le CODIR à deux camps
Le symptôme le plus courant est la ligne de faille invisible. Les anciens de la société A s’assoient d’un côté, ceux de la société B de l’autre. Les décisions se prennent en apparence, mais chaque camp repart avec sa propre lecture. Ce que le dirigeant croit acté ne l’est qu’à moitié.
Cette dynamique ressemble à celle d’un CODIR traversé par des conflits que personne n’ose formuler. La fusion ajoute une couche d’enjeu identitaire : chacun défend aussi son histoire, sa culture, sa légitimité.
Le coût du non-dit
Un désaccord non exprimé ne disparaît pas. Il ressort en réunion opérationnelle, dans les couloirs, dans les arbitrages budgétaires. Le cycle d’intégration d’une équipe de direction s’étale souvent sur 6 à 18 mois selon l’organisation. Perdre les premiers mois dans le non-dit coûte cher au reste du calendrier.
Un CODIR post-fusion qui ne dit pas ses désaccords ne les résout pas. Il les reporte sur les équipes, qui les subissent sans comprendre d’où vient le blocage.
Ce qui se joue avant le premier CODIR commun
En amont du jour J
Trois chantiers avant de réunir tout le monde
Poser un diagnostic partagé
Comprendre où en est chaque partie. Points de tension pressentis, dossiers urgents, cultures de décision qui cohabitent. Un diagnostic mené en amont évite d’ouvrir le premier séminaire sur un champ de mines.
Clarifier les rôles
Qui décide quoi désormais, qui pilote quel périmètre. Ces questions se cadrent dossier par dossier, pour que le premier CODIR porte sur le collectif et non sur des batailles de territoire.
Choisir un tiers neutre
Le dirigeant vient d’un des deux camps, ou a mené l’opération. Faire animer les premiers temps forts par un tiers extérieur libère la parole. Le facilitateur porte le cadre, le dirigeant reste dans la décision.
La qualité du premier CODIR commun se prépare en amont. Réunir douze dirigeants dans une salle sans cadre revient à espérer qu’une équipe se forme par magie. Elle ne se forme pas. Elle se construit.
Poser un diagnostic avant votre premier CODIR
Poser un diagnostic partagé
Avant d’aligner, il faut comprendre où en est chaque partie. Quels sont les points de tension pressentis. Quels dossiers sont urgents. Quelles cultures de décision cohabitent. Un diagnostic mené en amont évite d’ouvrir le premier séminaire sur un champ de mines. La boussole 4C, qui explore Cap, Capacités, Contraintes et Cadence, aide à cartographier ces écarts avant de réunir tout le monde.
Cet outil de diagnostic aide à cartographier les zones où les deux directions divergent le plus. On sait ainsi sur quoi porter l’attention avant même le premier séminaire commun.
Clarifier les rôles avant la réunion
Une fusion crée mécaniquement des zones de flou. Qui décide quoi désormais. Qui pilote quel périmètre. Ces questions ne se règlent pas bien à chaud, en séance plénière. Elles se cadrent en amont, dossier par dossier, pour que le premier CODIR porte sur le collectif et non sur des batailles de territoire.
Listez les trois sujets qui fâchent le plus avant le premier séminaire. Les traiter tôt, avec méthode, vaut mieux que les laisser exploser en réunion.
Choisir un tiers neutre
Dans un CODIR post-fusion, le dirigeant est rarement perçu comme neutre. Il vient d’un des deux camps, ou il a mené l’opération. Faire animer les premiers temps forts par un tiers extérieur libère la parole. Le facilitateur porte le cadre, le dirigeant reste dans le contenu et la décision.
La méthode pour souder deux équipes de direction
Une trajectoire, pas un événement
Les 4 étapes pour souder deux directions
Reconnaître les deux histoires
Chacun raconte d’où il vient. Ce temps désamorce la peur d’être absorbé.
Nommer les tensions
Inquiétudes réelles, doublons évidents. Un cadre où les sujets se disent sans dérapage.
Décider un premier sujet
Une décision prise à douze et tenue. La première preuve que le collectif produit du commun.
Ancrer dans le suivi
Vérifier à J+15 puis J+45 que les décisions tiennent. Sans suivi, tout retombe.
Le rappel Tuckman, une équipe fusionnée redémarre au début du cycle
Même composée de dirigeants expérimentés, une équipe qui fusionne repart de la case formation. Sauter les tensions, c’est bâtir sur du sable.
Souder deux directions n’est pas un événement, c’est une trajectoire. Elle passe par des étapes repérables, que l’on peut animer avec de la facilitation. Voici une progression que le cabinet Insuffle mobilise sur ses interventions CODIR, à ajuster selon la taille et la tension de votre comité.
Étape 1 : reconnaître les deux histoires
On ne construit pas du commun en effaçant le passé. Chaque équipe arrive avec une culture, des réussites, des fiertés. Ouvrir le séminaire par un temps où chacun raconte d’où il vient désamorce la peur d’être absorbé. Ce n’est pas de la nostalgie, c’est de la reconnaissance.
Ce temps rejoint la logique du modèle de Tuckman, qui décrit les phases par lesquelles passe tout groupe : formation, tensions, normalisation, performance. Une équipe fusionnée redémarre au début de ce cycle, même si ses membres sont expérimentés.
Étape 2 : nommer les tensions
Après la reconnaissance vient la vérité. Quelles sont les inquiétudes réelles. Qui craint pour son poste. Où sont les doublons évidents. Un facilitateur crée un cadre où ces sujets se disent sans que la séance dérape. La sécurité psychologique n’est pas un supplément d’âme, c’est la condition pour que le collectif fonctionne.
Étape 3 : décider ensemble un premier sujet
Rien ne soude comme une décision prise à douze et tenue. Choisir un dossier concret, pas trop clivant, et le trancher collectivement crée une première preuve. L’équipe se prouve à elle-même qu’elle peut produire du commun. Ce dossier devient le socle de la confiance suivante.
Étape 4 : ancrer dans le suivi
Un séminaire réussi qui n’est pas suivi retombe en quelques semaines. Le suivi à J+15 puis à J+45 vérifie que les décisions tiennent, que les tensions ne sont pas revenues souterraines. C’est ce qui distingue un séminaire CODIR structurant d’un simple moment de cohésion sans lendemain.
Cette progression rejoint ce que produit un CODIR bien aligné dans la durée. Elle applique au cas particulier de la fusion la même exigence d’alignement du comité de direction autour d’une vision partagée.
Arbitrer les doublons de gouvernance sans casser l’équipe
La distinction qui protège l’équipe
Deux registres à ne jamais confondre
La décision de personne
Qui garde son poste, quelle nomination, quel départ. Ces choix relèvent du dirigeant, parfois du conseil. On ne les prend pas en intelligence collective, et c’est normal.
Ce qui blesse dans un arbitrage n’est pas la décision, c’est le sentiment d’arbitraire. Des critères explicites, même durs, rendent la décision acceptable.
Porté par le dirigeant
Le fonctionnement collectif
Comment l’équipe travaille une fois les postes arrêtés. Ses règles de décision, son tableau de bord commun, ses rituels. C’est là que la facilitation crée de la valeur.
Une équipe qui écrit elle-même ses règles les respecte mieux qu’une équipe à qui on les impose. Le collectif se construit, il ne se décrète pas.
Porté par le groupe, avec un facilitateur
C’est le sujet que tout le monde redoute. Une fusion produit des doublons : deux DAF, deux DRH, deux responsables commerciaux. Les arbitrages sur les postes déterminent l’ambiance des mois suivants. Mal menés, ils installent la rancune. Bien menés, ils clarifient.
Séparer la décision de personne du fonctionnement collectif
Les décisions de nomination relèvent du dirigeant, parfois du conseil. Elles ne se prennent pas en intelligence collective, et c’est normal. Le rôle du CODIR n’est pas de trancher qui garde son poste. Son rôle est de définir comment l’équipe fonctionne une fois ces décisions arrêtées.
Confondre les deux est une erreur classique. On ne facilite pas une décision de licenciement. On facilite la construction d’un fonctionnement d’équipe qui tienne compte des choix déjà arrêtés.
Rendre les critères explicites
Ce qui blesse dans un arbitrage, c’est rarement la décision elle-même. C’est le sentiment d’arbitraire. Expliciter les critères de choix, même quand ils sont durs, rend la décision acceptable. Un dirigeant qui assume ses critères devant l’équipe protège la confiance mieux qu’un dirigeant qui laisse le flou s’installer.
Un CODIR post-fusion n’est pas une thérapie d’équipe. Les sujets lourds, plans sociaux, départs négociés, réorganisations profondes, demandent un cadre juridique et un accompagnement RH dédiés. La facilitation travaille le collectif, pas le contentieux individuel.
Un exemple de configuration à risque
Prenons une configuration fréquente, sans nommer d’entreprise. Une PME industrielle rachète un concurrent de taille proche. Les deux dirigeants restent, l’un devient président, l’autre directeur général. Sur le papier, la gouvernance est claire. Dans les faits, chacun garde ses fidèles et ses réflexes.
Le premier CODIR commun réunit alors deux clans qui s’observent. Les anciens du repreneur attendent des consignes. Ceux de la cible se demandent ce qu’ils vont perdre. Sans cadre, la réunion produit de la politesse et zéro décision réelle. Le risque n’est pas le conflit ouvert, c’est la paralysie polie.
Dans ce type de cas, la première intervention utile n’est pas stratégique. Elle consiste à nommer la situation telle qu’elle est, puis à faire produire au groupe ses propres règles de fonctionnement. Une équipe qui écrit elle-même ses règles les respecte mieux qu’une équipe à qui on les impose.
Traiter le tableau de bord commun
Deux organisations ont deux façons de mesurer. Deux reportings, deux définitions de la marge, deux rythmes de comité. Construire un tableau de bord unique est un chantier structurant. Il oblige à se mettre d’accord sur ce qui compte vraiment, ce qui est en soi un exercice d’alignement.
Construire un cap commun avec le futur désiré
Méthode signature Insuffle
La démarche du futur désiré
Franchir l’écart entre la situation issue de la fusion et l’organisation que l’équipe veut faire advenir
→ Un terrain neutre
On ne parle plus de la culture A contre la culture B, mais de ce que la nouvelle entité veut devenir. Les désaccords deviennent des choix de trajectoire, pas des batailles d’héritage.
→ Ancré, pas décrété
Une vision se déclare. Un futur désiré se construit et s’ancre dans des actes concrets, avec des étapes et des preuves. Une équipe qui a vécu une fusion ne se paie pas de slogans.
Reconnaitre le passé et arbitrer le présent ne suffit pas. Une équipe fusionnée a besoin d’un horizon qui lui soit propre, qui n’appartienne ni à l’une ni à l’autre des sociétés d’origine. C’est là qu’intervient la démarche du futur désiré, méthode signature d’Insuffle.
Projeter un futur qui n’appartient à personne
Le futur désiré n’est pas une vision décrétée par le dirigeant. C’est une projection construite collectivement, ancrée dans le réel, qui décrit l’organisation que l’équipe veut faire advenir. Pour un CODIR post-fusion, cet exercice crée un terrain neutre. On ne parle plus de la culture A contre la culture B, mais de ce que la nouvelle entité veut devenir.
Cette projection change la nature des débats. Les désaccords ne sont plus des batailles d’héritage, ils deviennent des choix de trajectoire. Le collectif se met à raisonner en futur, pas en passé.
Distinguer le futur désiré de la simple vision
Une vision se déclare. Un futur désiré se construit et s’ancre dans des actes concrets. La différence compte dans une fusion, où les mots creux sont vite repérés. Une équipe qui a vécu une opération lourde ne se paie pas de slogans. Elle a besoin d’une trajectoire tangible, avec des étapes et des preuves.
Cette approche s’inscrit dans un travail plus large sur la façon dont un comité de direction fonctionne et décide. La fusion en est un cas particulièrement exigeant, parce que tout est à reconstruire en même temps.
Un exemple de séquence
Sur un séminaire de deux jours, la séquence peut suivre ce fil. Le jour un est consacré à la reconnaissance des deux histoires et à la mise à plat des tensions. Le jour deux se tourne vers la projection du futur désiré et la décision d’un premier chantier commun. Le suivi ancre ensuite les engagements. Ce déroulé s’adapte à la taille du CODIR et au niveau de tension observé au diagnostic.
Les erreurs fréquentes à éviter
Les pièges récurrents
Quatre erreurs qui coûtent cher
Vouloir aller trop vite
La pression des synergies pousse à brûler les étapes. Sauter la reconnaissance et la mise à plat des tensions revient à construire sur du sable. L’équipe paraît alignée, puis se fissure au premier arbitrage difficile.
Confondre cohésion et alignement
Un bon repas d’équipe crée de la sympathie, pas des décisions communes. Miser sur le team building sans travailler le cap laisse l’équipe cordiale mais divisée sur le fond. La cohésion suit l’alignement, elle ne le remplace pas.
Ignorer les cultures de décision
L’une tranche vite et vertical, l’autre cherche le consensus. Ne pas nommer cet écart condamne l’équipe à des malentendus permanents. Chacun jugera l’autre trop lent ou trop autoritaire.
Oublier le désengagement latent
L’engagement des salariés en France est déjà faible, autour de 8% selon Gallup en 2026. Sur un socle aussi bas, une opération mal accompagnée fragilise encore la mobilisation. Le CODIR donne le ton.
Certaines erreurs reviennent dans presque tous les CODIR post-fusion. Les connaître permet de les désamorcer avant qu’elles n’installent des dégâts durables.
Vouloir aller trop vite
La pression des synergies pousse à brûler les étapes. On veut une équipe soudée en une réunion. Or un groupe qui fusionne repart au début de son cycle de maturité. Sauter la phase de reconnaissance et de mise à plat des tensions revient à construire sur du sable. L’équipe paraît alignée, puis se fissure au premier arbitrage difficile.
Confondre cohésion et alignement
Un bon repas d’équipe crée de la sympathie, pas des décisions communes. Le CODIR post-fusion a besoin d’alignement stratégique, pas seulement de bonne entente. Miser sur le team building sans travailler le cap laisse l’équipe cordiale mais divisée sur le fond. La cohésion suit l’alignement, elle ne le remplace pas.
Ignorer les cultures de décision
Deux entreprises décident rarement de la même façon. L’une tranche vite et vertical, l’autre cherche le consensus. Ne pas nommer cet écart condamne l’équipe à des malentendus permanents. Chacun jugera l’autre trop lent ou trop autoritaire. Expliciter la culture de décision commune que l’on veut adopter évite ce piège.
Oublier le désengagement latent
Une fusion inquiète. Or l’engagement des salariés en France est déjà faible : selon Gallup, il se situe autour de 8% en 2026. Sur un socle aussi bas, une opération mal accompagnée fragilise encore la mobilisation. Le CODIR donne le ton. Une direction qui se déchire diffuse l’inquiétude vers toute l’organisation. Une direction soudée rassure et remobilise.
Faire de la fusion le point de départ d’une équipe
Ce qui change vraiment
CODIR classique et CODIR post-fusion
| Enjeu | CODIR classique | CODIR post-fusion |
|---|---|---|
| Point de départ | Une équipe déjà constituée, une histoire commune | Deux équipes, deux cultures, aucun passé partagé |
| Premier travail | Aligner sur un cap | Reconnaître deux histoires avant même d’aligner |
| Nature des désaccords | Divergences sur les priorités | Batailles d’héritage et enjeux identitaires |
| Rôle du dirigeant | Souvent perçu comme légitime pour animer | Issu d’un camp, gagne à confier l’animation à un tiers |
| Horizon de temps | Ajustement continu | Cycle d’intégration de 6 à 18 mois selon le contexte |
Une fusion n’est pas seulement un risque à gérer. C’est une occasion rare de reconstruire une équipe de direction sur des bases choisies plutôt que subies. Les mois qui suivent la signature décident si les synergies promises se réalisent ou s’évaporent.
Le travail est exigeant : reconnaître deux histoires, nommer les tensions, arbitrer les doublons avec des critères clairs, et projeter un futur qui appartient à la nouvelle entité. Rien de tout cela ne se fait par décret. Cela se facilite, avec méthode et un tiers neutre.
Si vous préparez cette étape, un échange avec un facilitateur peut clarifier votre point de départ. Et si vous vivez cette fusion en dirigeant isolé, un accompagnement en sparring partner peut compléter le travail mené sur le collectif.
Une fusion à préparer côté direction ?
Un échange pour clarifier votre point de départ et le cadre à poser avant le premier CODIR commun.
Questions fréquentes
Questions fréquentes sur le CODIR post-fusion
Combien de temps pour souder un CODIR post-fusion ?
+
Le cycle d’intégration d’une équipe de direction s’étale souvent sur 6 à 18 mois selon l’organisation. Les premières semaines sont décisives pour poser le cadre. Un CODIR ne se soude pas en un séminaire, mais un premier temps fort bien mené accélère nettement la suite. Le suivi dans la durée fait la différence entre une équipe réellement alignée et une entente de surface.
Faut-il un facilitateur externe ou le dirigeant peut-il animer ?
+
Dans un CODIR post-fusion, le dirigeant vient rarement d’une position neutre. Il appartient à l’un des deux camps ou a mené l’opération. Un tiers extérieur libère la parole et porte le cadre, ce qui permet au dirigeant de rester dans le contenu et la décision. Sur les premiers temps forts, cette neutralité vaut souvent l’investissement.
Que faire si les deux directions ne veulent pas coopérer ?
+
Le refus de coopérer cache presque toujours une peur non dite : peur pour son poste, pour sa légitimité, pour sa culture. Nommer cette peur dans un cadre sécurisé désamorce une partie de la résistance. Si le blocage persiste malgré un travail sérieux, il relève parfois d’arbitrages de gouvernance qui n’ont pas été tranchés en amont.
La facilitation suffit-elle en cas de fusion très conflictuelle ?
+
Non, et c’est important de le dire. La facilitation travaille le collectif et l’alignement. Une fusion très conflictuelle, avec plan social ou contentieux, demande aussi un cadre juridique et un accompagnement RH spécialisés. La facilitation intervient en complément, pas en remplacement. Présenter un atelier comme une solution à un conflit lourd serait une erreur.
Quand organiser le premier séminaire CODIR commun ?
+
Assez tôt pour poser le cadre avant que les non-dits ne s’installent, mais après avoir clarifié les principaux arbitrages de postes. Réunir douze dirigeants alors que les nominations restent floues transforme le séminaire en bataille de territoire. Le bon moment vient une fois les grandes lignes de gouvernance posées, mais avant que les habitudes de division ne se figent.
Le futur désiré fonctionne-t-il vraiment après une fusion ?
+
Il fonctionne précisément parce qu’il crée un terrain neutre. Une équipe fusionnée se dispute souvent sur l’héritage : quelle culture, quelle méthode, quelle société avait raison. Projeter un futur commun déplace le débat vers ce que la nouvelle entité veut devenir. Les désaccords deviennent des choix de trajectoire, plus faciles à traiter que des batailles de passé.
Sources
- Let it be Consulting, Fusions et acquisitions : anticiper et surmonter les risques d’échec (2025)
- Institut de l’Entreprise, Mercer Management Consulting et Audencia, Fusions-acquisitions : les défis de l’intégration (taux d’échec autour de 70%)
- Maddyness, étude Eight Advisory sur plus de 700 opérations (40% des fusions réalisent les synergies attendues)
- Revue Gestion, HEC Montréal, Stratégies gagnantes pour réussir l’intégration après une fusion ou une acquisition
- Yaniro, Alignement et conduite du changement en post-fusion, retour d’expérience terrain
- John Kotter, Harvard Business Review, Leading Change: Why Transformation Efforts Fail (1995)
- Gallup, State of the Global Workplace 2026 (engagement des salariés en France autour de 8%)
- ANACT, Agence nationale pour l’amélioration des conditions de travail, ressources sur la conduite du changement
💬 Conversation
Votre avis compte
Rejoignez la discussion et partagez votre expérience.