Vingt personnes dans une salle, un café à la main, et ce silence un peu raide du premier matin de séminaire. Personne ne se connaît vraiment, ou alors juste de nom, par mail interposé. Le bingo de l’inclusion sert exactement à ça. Transformer ce groupe de collègues qui se croisent en un groupe qui se parle, en quinze minutes, sans forcer personne à se livrer.
C’est un icebreaker simple. Une grille, des affirmations, et l’obligation d’aller poser des questions aux autres pour la remplir. Mais derrière sa légèreté apparente se cache un vrai levier de connexion, à condition de l’animer correctement et de soigner le moment qui compte le plus : le débrief.
Ce guide reprend le déroulé complet et une grille prête à imprimer. Il détaille aussi les variantes selon la taille et la tension de votre groupe, et les erreurs qui font tomber l’activité à plat. Le tout vu depuis le terrain d’un cabinet qui anime des séminaires toute l’année.
Vous préparez un séminaire de direction ? Commencez par poser un diagnostic clair de votre équipe.
Le bingo de l’inclusion, c’est quoi
Ce que dit la recherche
1er
facteur de performance
Le projet Aristote de Google, mené sur 180 équipes pendant trois ans, a identifié la sécurité psychologique comme premier facteur de performance collective. Un icebreaker ne la crée pas à lui seul, mais il pose une première pierre : montrer que parler aux autres, ici, est facile et sans risque.
Sources : Google re:Work, projet Aristote. Amy Edmondson, Harvard Business Review.
Le bingo de l’inclusion est un brise-glace inspiré du loto traditionnel. On remplace les numéros par des affirmations qui décrivent des expériences, des goûts ou des habitudes : “a déjà couru un marathon”, “parle plus d’une langue”, “joue d’un instrument”. Chaque participant reçoit une grille et doit trouver, dans la salle, une personne qui correspond à chaque case.
Le ressort est tout bête. Pour remplir sa grille, il faut aller voir les autres, poser une question, écouter la réponse. En quelques minutes, des gens qui ne s’étaient jamais adressé la parole découvrent un point commun inattendu. Le directeur financier qui fait de l’escalade. La nouvelle recrue qui a vécu trois ans au Japon.
Bingo de l’inclusion ou simple bingo brise-glace ?
On croise plusieurs noms pour la même mécanique : human bingo, bingo des coïncidences, bingo brise-glace. L’appellation “inclusion” insiste sur l’intention. Le but n’est pas seulement de s’amuser, mais de donner à chacun une place dans le groupe, y compris aux profils discrets qui s’expriment peu en réunion.
Cette nuance change la façon d’animer. Un bingo orienté pur divertissement peut se contenter de questions amusantes. Un bingo d’inclusion veille à ce que personne ne reste seul dans son coin et à ce que les cases ne mettent personne mal à l’aise.
Pourquoi ça marche sur la cohésion
La connexion entre des collègues ne se décrète pas, elle se déclenche. Le bingo crée un prétexte légitime pour aborder une personne qu’on n’oserait pas déranger autrement. Il abaisse la barrière sociale du premier contact.
Cet effet rejoint un constat documenté sur les équipes performantes. La chercheuse Amy Edmondson, de Harvard, définit la sécurité psychologique comme la conviction partagée qu’on peut prendre un risque relationnel sans crainte du jugement.
Un icebreaker bien mené ne crée pas cette sécurité à lui seul. Mais il pose une première pierre : montrer que dans cette salle, parler aux autres est facile et sans danger. C’est un point de départ, pas une fin.
Bingo de l’inclusion ou team-building. Le bingo est un brise-glace de cinq à trente minutes, intégré au début d’une séquence. Ce n’est pas un team-building, qui vise la cohésion sur une demi-journée ou plus avec un objectif propre. Le bingo ouvre, il ne remplace pas le travail collectif qui suit.
Une grille prête à utiliser
Anatomie d’une grille qui fonctionne
Le bon volume
Moins de douze, le jeu finit trop vite. Plus de vingt, il s’éternise et l’énergie retombe. Ajustez selon la taille du groupe et le temps disponible.
Le bon dosage
Deux tiers de cases faciles, que beaucoup peuvent cocher, et un tiers de cases rares qui font émerger une vraie histoire à raconter au débrief.
La bonne matière
Des expériences et des goûts choisis, jamais des marqueurs identitaires subis (origine, famille, santé). Une case juste fait sourire, elle ne renvoie à aucun manque.
La préparation tient en une règle : des affirmations assez variées pour que chacun puisse cocher des cases, assez universelles pour ne stigmatiser personne. Comptez entre douze et vingt cases. Moins, le jeu finit trop vite. Plus, il s’éternise.
Voici une grille générique de vingt affirmations, utilisable telle quelle pour la plupart des groupes professionnels.
| Prénom et nom | Déclaration |
|---|---|
| A déjà sauté en parachute | |
| Parle plus d’une langue | |
| A couru un marathon | |
| Aime cuisiner | |
| A déjà fait du bénévolat | |
| A un animal de compagnie | |
| A déjà écrit un blog ou un article en ligne | |
| Aime faire du vélo | |
| Est fan de films de science-fiction | |
| A déjà visité plus de trois pays | |
| Joue d’un instrument de musique | |
| A un livre préféré à recommander | |
| Aime la randonnée ou l’escalade | |
| A déjà participé à un festival | |
| Pratique une danse, traditionnelle ou moderne | |
| A déjà assisté à un concert en plein air | |
| A une recette favorite à partager | |
| Aime la photographie | |
| A déjà fait une activité à sensations fortes | |
| A déjà vu une pièce de théâtre en direct |
Personnaliser les cases au contexte
Une grille générique fonctionne, mais une grille adaptée fonctionne mieux. Glissez deux ou trois cases liées au contexte du jour. Pour un séminaire en région, des références locales créent un sourire de reconnaissance immédiat.

Sur un séminaire en Normandie, par exemple, le choix s’est porté sur des cases très locales. A déjà visité le Mont-Saint-Michel, connaît la recette de la teurgoule, a couru sur les plages du Débarquement. Le bingo devient alors un clin d’oeil au territoire.
Retour d’un facilitateur. Mélangez des cases faciles, que beaucoup peuvent cocher, et des cases rares qui font émerger une vraie histoire. Trop de cases rares et la grille reste vide, le groupe se décourage. Trop de cases faciles et il n’y a rien à raconter au débrief. Visez deux tiers de faciles, un tiers de rares.
Le déroulé pas à pas
15 à 30 minutes, quatre temps
Distribuer
Une grille, un stylo, la règle en une phrase. Même nom deux fois maximum.
Faire circuler
Tout le monde se lève. Le mouvement crée l’énergie. L’animateur relance les retraits.
Annoncer le bingo
Ligne, colonne ou grille complète. Un applaudissement suffit, pas de lot coûteux.
Ouvrir le débrief
On ne s’arrête jamais au “Bingo”. C’est ce qui suit qui ancre la connexion.
Le jeu se déroule en quatre temps. Comptez quinze à trente minutes au total selon la taille du groupe et le nombre de cases. Annoncez la durée dès le départ, cela maintient le rythme.
Étape 1 : distribuer et expliquer
Remettez une grille et un stylo à chacun. Expliquez la règle en une phrase : trouver dans la salle une personne qui correspond à chaque case, et noter son prénom. Précisez qu’on ne peut écrire le même nom que deux fois maximum, sinon les bavards remplissent tout avec leur voisin de table.
Étape 2 : faire circuler
Lancez le top départ et faites lever tout le monde. C’est le point clé : on ne reste pas assis. Le mouvement physique crée l’énergie. En tant qu’animateur, circulez aussi, présentez deux personnes qui s’ignorent, relancez ceux qui restent en retrait.
Étape 3 : annoncer le bingo
Le premier à compléter une ligne, une colonne ou toute la grille, selon la règle annoncée, crie “Bingo”. Un petit geste de reconnaissance suffit, un applaudissement, pas besoin de lot coûteux. La compétition reste légère, elle est un prétexte, pas l’objectif.
Étape 4 : ouvrir le débrief
On ne s’arrête jamais sur le “Bingo”. Vous enchaînez sur quelques minutes d’échange collectif. Cette phase fait toute la différence entre un jeu vite oublié et un moment qui ancre la connexion. Elle mérite sa propre section, plus bas.
Besoin d’autres formats d’ouverture ? Piochez dans nos idées pour dynamiser un début de réunion.
Variantes selon votre groupe
Adapter le format au groupe
| Configuration | Ajustement clé | Recommandé selon le contexte |
|---|---|---|
| 6 à 12 personnes | Réduire à 12 cases, autoriser un nom plusieurs fois | Pour une petite équipe où l’on vise la profondeur des échanges plus que le nombre de contacts |
| Plus de 25 personnes | Un nom une seule fois, ou découpe en sous-groupes de 8 à 10 | Pour un grand groupe à brasser largement, sans laisser le brouhaha disperser l’attention |
| À distance | Grille partagée en ligne, salles de discussion | Pour une équipe en visio, en gardant en tête une connexion plus faible qu’en présentiel |
| Groupe tendu | Le bingo comme respiration, jamais comme solution de fond | Pour un collectif bloqué, préférer un travail de facilitation cadré à un simple jeu d’ouverture |
Le bon format dépend toujours du groupe et de l’objectif, jamais d’une habitude.
Le même bingo ne se joue pas de la même façon avec huit dirigeants tendus et quarante salariés enthousiastes. Adaptez le format au nombre de participants et à l’ambiance de départ.
Petit groupe, de six à douze personnes
Avec un petit effectif, réduisez le nombre de cases à douze, sinon le jeu traîne car il y a peu de personnes à interroger. Autorisez d’écrire le même nom plusieurs fois. L’enjeu n’est plus la diversité des contacts mais la profondeur des échanges.
Grand groupe, plus de vingt-cinq personnes
Au-delà de vingt-cinq, le risque est le brouhaha et la dispersion. Deux options. Soit vous gardez un seul grand jeu en limitant à une seule occurrence par nom, ce qui force à parler à beaucoup de monde. Soit vous découpez en sous-groupes de huit à dix, chacun avec sa grille.
Une variante dynamique consiste à installer la salle en mode speed dating et à faire tourner les participants à intervalle régulier. Le rythme imposé crée un challenge supplémentaire et évite que des binômes s’installent trop longtemps.
Groupe à distance
Le bingo fonctionne aussi en visio. Partagez la grille sur un outil collaboratif et lisez les affirmations une à une, ou ouvrez des salles de discussion en petits groupes. La connexion est moins forte qu’en présentiel, mais l’effet brise-glace tient toujours.
Groupe tendu ou en conflit larvé
Là, prudence. Sur une équipe traversée par des non-dits, un icebreaker léger peut sembler déplacé, voire agaçant. Le bingo reste possible, mais comme respiration, pas comme solution. Il ne traitera pas le fond. Pour un collectif réellement bloqué, c’est un travail de facilitation à part entière qui s’impose.
À garder en tête. Un brise-glace n’est pas une intervention de gestion de conflit. Si une équipe de direction tourne en rond ou se déchire en silence, le bingo ne désamorcera rien. Mieux vaut poser un diagnostic d’équipe avant d’animer quoi que ce soit.
Le débrief, le moment qui compte
Trois questions pour ouvrir l’échange
Qu’avez-vous appris d’étonnant sur un collègue ?
Y a-t-il un point commun que vous n’auriez jamais soupçonné ?
Une case vous a-t-elle fait découvrir une histoire marquante ?
Faire le pont
Trois à cinq minutes suffisent. Reliez le jeu à l’objectif du jour : il a fallu aller vers l’autre pour remplir sa grille, exactement le geste attendu dans le travail réel. Le bingo cesse d’être un gadget, il devient une métaphore concrète.
Beaucoup d’animateurs s’arrêtent au “Bingo” et passent à la suite. C’est l’erreur la plus courante. Le jeu en lui-même crée du mouvement et des rires. Le débrief, lui, transforme ce mouvement en lien durable.
Prévoyez trois à cinq minutes. Posez deux ou trois questions ouvertes au groupe et laissez quelques personnes répondre à voix haute.
- Qu’avez-vous appris d’étonnant sur un collègue ?
- Y a-t-il un point commun que vous n’auriez jamais soupçonné ?
- Une case vous a-t-elle fait découvrir une histoire marquante ?
L’idée n’est pas de faire un tour de table exhaustif, qui lasserait, mais de faire émerger deux ou trois anecdotes qui resteront dans la mémoire du groupe. Ces histoires deviennent des références partagées pour le reste du séminaire.
Relier le jeu à l’objectif du jour
Un bon débrief fait le pont vers ce qui suit. Si le séminaire porte sur la collaboration entre services, soulignez combien il a fallu aller vers l’autre pour remplir sa grille. C’est exactement le geste attendu dans le travail réel.
Ce raccord donne du sens. Le bingo cesse d’être un gadget et devient une métaphore concrète de ce que le groupe va vivre. C’est là que la démarche d’intelligence collective prend appui sur l’humain avant la méthode.
Un icebreaker ne remplace pas un état des lieux. Avant d’animer, sachez où en est vraiment votre équipe.
Faire le diagnostic dirigeantLes erreurs qui font tomber le jeu à plat
Quatre pièges fréquents
Des cases qui excluent
Une case touchant à l’origine, la famille ou la santé peut renvoyer quelqu’un à ce qu’il n’a pas. Restez sur des goûts et des expériences choisies.
Oublier la donnée personnelle
Les grilles associent des infos personnelles à des noms. On ne les affiche pas, on ne les conserve pas. Annoncez que les feuilles seront détruites.
Laisser les gens assis
Tout l’intérêt est le mélange. Faites lever la salle, brassez les positions, empêchez les groupes existants de se reformer.
Sauter le débrief
Sans débrief, le bingo n’est qu’une parenthèse sans trace. Cinq minutes d’échange suffisent à le transformer en moment fondateur.
Le bingo de l’inclusion est facile à lancer, donc facile à rater par excès de confiance. Voici les pièges les plus fréquents observés sur le terrain.
Des cases qui excluent au lieu d’inclure
Le piège majeur, vu le nom de l’activité. Une case comme “a des enfants”, “fait du sport régulièrement” ou qui touche à l’origine, la religion ou la situation familiale pose problème. Elle peut mettre quelqu’un mal à l’aise, ou renvoyer une personne à ce qu’elle n’a pas. Restez sur des goûts et des expériences choisies, jamais sur des marqueurs identitaires subis.
Oublier le cadre des données personnelles
Les grilles remplies contiennent des informations personnelles associées à des noms. Ne les affichez pas, ne les conservez pas, ne les diffusez pas après la séance. Annoncez que les feuilles seront détruites. C’est une question de respect, et cela rejoint vos obligations sur la donnée personnelle.
Laisser les gens assis
Un bingo où chacun reste à sa place et interroge ses voisins de table rate sa cible. Tout l’intérêt est le mélange. Faites lever la salle, brassez les positions, empêchez les groupes existants de se reformer.
Sauter le débrief
Déjà cité, mais c’est l’erreur qui annule le bénéfice. Sans débrief, le bingo n’est qu’une parenthèse ludique sans trace. Cinq minutes d’échange suffisent à le transformer en moment fondateur.
Trois réflexes utiles. Testez votre grille sur deux collègues avant le jour J pour repérer les cases qui coincent. Préparez une case “joker” libre que chacun complète comme il veut. Et gardez en main une affirmation de secours si une case s’avère trop rare dans le groupe réel.
Pour aller plus loin sur l’art d’ouvrir une séance, parcourez nos 50 icebreakers pour séminaire, ou un format proche centré sur l’état d’esprit des participants, l’atelier ESVP.
Au-delà du séminaire : où placer un bingo de l’inclusion
Pas seulement en séminaire
Cinq moments où le bingo rend service
Onboarding
Un prétexte pour que le nouvel arrivant aille vers chacun dès la première semaine.
Fusion d’équipes
Un espace neutre où les frontières entre “eux” et “nous” s’estompent un temps.
Projet transverse
Abaisser la tension entre services avant d’entrer dans le vif du cadrage.
Formation
Réveiller un groupe et installer l’idée d’une session interactive, pas un monologue.
Sa limite
Il ne répare pas une confiance abîmée ni une décision bloquée. Il ouvre une porte.
Le bingo crée du lien de surface, utile mais limité. Pour un enjeu de gouvernance, c’est un cadre de travail sérieux qu’il faut, pas un jeu.
On associe spontanément le bingo au lancement d’un séminaire annuel. Il rend pourtant service dans bien d’autres moments de la vie d’une organisation, dès qu’il s’agit de relier des personnes qui ne se connaissent pas ou plus.
L’intégration d’un nouvel arrivant
Un onboarding réussi ne se limite pas à la paperasse et au tour des bureaux. Un bingo léger, joué lors d’une réunion d’équipe la première semaine, donne au nouveau venu un prétexte pour aller vers chacun. Il repart avec des prénoms, des visages et déjà quelques points communs en tête.
L’effet est mesurable au quotidien. La personne ose plus vite poser une question, demander un coup de main, signaler une difficulté. C’est le premier pas vers le climat de confiance décrit par le projet Aristote.
La fusion de deux équipes
Après une réorganisation ou un rachat, deux collectifs se retrouvent du jour au lendemain sous le même toit, avec leurs habitudes et leurs méfiances. Le bingo crée un espace neutre où les frontières entre “eux” et “nous” s’estompent le temps d’une partie.
Là encore, attention à ne pas surestimer l’outil. Un bingo n’efface pas une rivalité de culture ni une inquiétude sur les postes. Il ouvre une porte. C’est un travail de fond, souvent étalé sur plusieurs mois, qui transforme deux équipes en une seule.
Le lancement d’un projet transverse
Quand un projet réunit des personnes de services différents qui n’ont jamais collaboré, le démarrage est un moment délicat. Chacun arrive avec ses priorités et son vocabulaire. Quelques minutes de bingo abaissent la tension avant d’entrer dans le vif du cadrage.
La formation et l’atelier
En ouverture de formation, le bingo réveille un groupe somnolent du début de matinée. Il installe aussi l’idée que la session sera interactive, pas un long monologue. Les participants comprennent par le corps qu’on attend d’eux qu’ils parlent et bougent.
Le bon dosage. Réservez le bingo aux moments où la connexion humaine est l’enjeu. Pour une réunion opérationnelle hebdomadaire entre gens qui se côtoient déjà, il sonnera faux et fera perdre du temps. Le bon icebreaker dépend toujours du groupe et de l’objectif, jamais d’une habitude.
Ce que le bingo ne fera jamais
Il faut le dire clairement. Le bingo de l’inclusion crée du lien de surface, utile mais limité. Il ne résout pas un problème de gouvernance, ne tranche pas une décision bloquée, ne répare pas une confiance abîmée entre dirigeants.
Confondre l’outil et l’enjeu mène à la déception. Une équipe de direction qui n’arrive plus à décider n’a pas besoin d’un jeu, elle a besoin d’un cadre de travail sérieux. Voir à ce sujet pourquoi un séminaire CODIR repose d’abord sur un diagnostic avant toute animation.
Questions fréquentes sur le bingo de l’inclusion
Combien de temps dure un bingo de l’inclusion ?
+
Comptez quinze à trente minutes selon la taille du groupe et le nombre de cases. Le jeu lui-même prend dix à vingt minutes, le débrief trois à cinq. Au-delà, l’énergie retombe. Annoncez la durée au lancement pour maintenir un rythme soutenu et éviter que l’activité ne s’étire.
Combien de participants faut-il au minimum ?
+
Six personnes suffisent, mais l’activité gagne en dynamisme à partir d’une dizaine. En dessous, réduisez le nombre de cases et autorisez à écrire le même nom plusieurs fois. Au-delà de vingt-cinq, limitez chaque nom à une occurrence ou découpez le groupe en sous-groupes plus maniables.
Le bingo fonctionne-t-il en visioconférence ?
+
Oui, avec des ajustements. Partagez la grille sur un outil collaboratif et utilisez des salles de discussion pour les échanges en petits groupes. L’effet de connexion est réel, même s’il reste moins puissant qu’en présentiel où le mouvement physique dans la salle joue un rôle important.
Quand le bingo n’est-il pas une bonne idée ?
+
Sur une équipe en conflit ouvert ou marquée par des non-dits lourds, un brise-glace léger peut sonner faux et agacer. Le bingo crée du lien superficiel, il ne traite pas une rupture de confiance. Dans ce cas, un travail de facilitation cadré, avec un diagnostic préalable, est plus pertinent qu’un jeu d’ouverture.
Faut-il prévoir un lot pour le gagnant ?
+
Non. Un applaudissement ou une reconnaissance verbale suffisent. Le lot n’est pas le moteur de l’activité, la connexion l’est. Un prix trop visible déplace l’attention vers la compétition et peut crisper les profils peu à l’aise avec ce registre. Restez sur une compétition légère et bon enfant.
Comment éviter une case qui met mal à l’aise ?
+
Tenez-vous aux goûts et aux expériences choisies, jamais aux marqueurs identitaires subis comme l’origine, la situation familiale ou la santé. Testez votre grille sur deux personnes avant la séance. Une case juste fait sourire et donne envie de raconter, elle ne renvoie jamais quelqu’un à un manque.
Pour conclure
Un petit jeu, à condition de le prendre au sérieux
Bien préparé, bien animé, conclu par un vrai débrief, le bingo connecte un groupe en quinze minutes. Bâclé, il reste une récréation sans lendemain. La différence ne tient pas au jeu, mais à l’intention de celui qui l’anime. Si vous préparez un temps fort pour votre équipe de direction, l’ouverture n’est qu’un début.
Les méthodes présentées sont à adapter au contexte de chaque équipe et organisation. Pour les sujets sensibles (conflits non résolus, transformation lourde, sortie de crise), un accompagnement par un facilitateur expérimenté est nécessaire pour garantir un cadre adapté.
Sources
- Google re:Work, Guide : Understand team effectiveness (projet Aristote).
- Amy C. Edmondson, Harvard Business Review, What Is Psychological Safety? (2023).
- Charles Duhigg, The New York Times Magazine, What Google Learned From Its Quest to Build the Perfect Team (2016).
- Amy C. Edmondson, Psychological Safety and Learning Behavior in Work Teams, Administrative Science Quarterly (1999).
- SuperTilt, Icebreaker Bingo : un classique revisité pour créer du lien (2026).
- Humanem, Icebreaker : Bingo des coïncidences (2025).
- ANACT, Agence nationale pour l’amélioration des conditions de travail, ressources sur le collectif de travail.
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