Sketchnoting : c’est quoi et à quoi ça sert

Yoan Lureault
21 mars 2022

Vous sortez d’une reunion de deux heures avec trois pages de notes que personne ne relira jamais, vous compris. Le lendemain, impossible de retrouver la decision cle au milieu des phrases. C’est exactement le probleme que le sketchnoting cherche a resoudre. Cette methode de prise de notes visuelle combine mots, dessins simples et structure pour capturer l’essentiel d’un echange, et surtout pour s’en souvenir.

Le terme intrigue, parfois il intimide. Beaucoup pensent qu’il faut savoir dessiner. C’est faux. Le sketchnoting repose sur des formes basiques, des fleches, des cadres, quelques pictogrammes. Rien d’artistique.

Dans cet article, vous allez comprendre ce qu’est vraiment le sketchnoting, en quoi il differe de la facilitation graphique, pourquoi il fonctionne, et comment vous y mettre sans materiel sophistique. Le tout vu depuis le terrain d’un cabinet qui anime des seminaires et des ateliers de direction.

Le sketchnoting, une definition simple

Sketchnoting, prise de notes visuelle combinant texte et dessin

Le mot

2

racines anglaises

“Sketch” pour esquisser et “note taking” pour la prise de notes. Le sketchnoting mele l’ecriture et le dessin sur une meme page.

L’objectif

1

page qui se lit d’un coup d’oeil

Pas un enjeu esthetique mais cognitif. Retenir mieux, restituer plus vite, la ou trois pages de texte demandent une relecture.

Le sketchnoting est une technique de prise de notes qui mele l’ecriture et le dessin. Le mot vient de l’anglais “sketch” (esquisser, croquer) et “note taking” (prise de notes). Au lieu d’aligner des phrases, vous capturez les idees sous forme de mots-cles, de petits dessins, de connecteurs visuels comme des fleches ou des cadres.

L’objectif n’est pas esthetique. Il est cognitif. Il s’agit de retenir mieux et de restituer plus vite. Une page de sketchnote se lit d’un coup d’oeil, la ou trois pages de texte demandent une relecture complete.

La paternite du terme revient au designer americain Mike Rohde, qui a formalise la methode autour de 2006 puis l’a popularisee avec son ouvrage de reference. Selon Mike Rohde (The Sketchnote Handbook, 2013), l’enjeu central est de capter les idees, pas de produire un dessin reussi. Cette nuance change tout pour qui hesite a se lancer.

Le sketchnoting se pratique le plus souvent “en direct”, pendant une conference, une reunion ou un atelier. Beaucoup de praticiens passent d’abord par une phase de mots-cles au crayon, avant de poser les traits et la couleur. Le rendu final compte moins que ce qui se joue pendant la captation.

D’ou vient le sketchnoting

Sketchnoting et pensee visuelle, heritage de la facilitation graphique

Une methode recente

2006

La methode est nommee

Mike Rohde, designer americain, formalise le sketchnoting, frustre par ses notes denses et illisibles prises en conference.

2013

Le livre de reference

The Sketchnote Handbook popularise la technique. Le principe, noter moins, dessiner un peu, retenir mieux.

Aujourd’hui

Deux mondes

L’education pour reviser et memoriser, le monde professionnel pour la clarte collective en atelier et en seminaire.

La pratique de meler texte et dessin pour penser n’est pas neuve. Les carnets de Leonard de Vinci en sont un exemple celebre, ou croquis et annotations cohabitent sur la meme page. Mais le sketchnoting comme methode nommee et structuree est recent.

C’est le designer americain Mike Rohde qui a pose le mot et la demarche au milieu des annees 2000. Frustre par ses propres notes denses et illisibles prises en conference, il a cherche une facon plus vivante de capturer l’essentiel. Sa contrainte de depart est devenue sa force, noter moins, dessiner un peu, retenir mieux.

Le terme a essaime dans deux mondes au depart distincts. D’un cote l’education, ou enseignants et etudiants l’ont adopte pour reviser et memoriser. De l’autre le monde professionnel, ou facilitateurs et consultants y ont vu un outil de clarte collective.

Une racine commune avec la facilitation

Le sketchnoting partage son ADN avec la facilitation graphique, plus ancienne, nee dans les milieux du design d’organisation et de l’intelligence collective des les annees 1970. Rendre visible une pensee pour mieux la partager est une idee que les facilitateurs cultivent depuis longtemps.

Cette filiation explique pourquoi un cabinet de facilitation s’interesse au sketchnoting. Le dessin n’est pas un gadget. C’est un moyen d’ancrer une reflexion collective, de fixer une decision, de donner une forme tangible a ce qui se construit dans un groupe de travail.

Le sketchnoting s’est democratise avec le numerique. Tablettes et stylets ont leve la barriere du “je ne sais pas dessiner proprement”, puisque tout devient effacable et modifiable. Mais le papier garde ses adeptes, pour sa simplicite et son absence de distraction.

Sketchnoting, facilitation graphique, scribing : ne plus confondre

Sketchnoting et facilitation graphique, distinction des techniques visuelles
Pour soi

Sketchnoting

Pour qui : soi-meme

Format : carnet, feuille A4

Finalite : memoriser et restituer

Pour le groupe

Facilitation graphique

Pour qui : le collectif

Format : variable

Finalite : soutenir la dynamique de groupe

En direct

Scribing

Pour qui : le collectif

Format : grand format, mural

Finalite : trace partagee en temps reel

Ces trois mots circulent ensemble et sement la confusion. Ils ne designent pas la meme chose. La distinction est utile des que vous voulez choisir la bonne pratique pour le bon contexte.

Le sketchnoting est d’abord personnel. Vous prenez vos propres notes visuelles, pour vous, pendant que vous ecoutez. Le format reste celui d’un carnet ou d’une feuille A4.

La facilitation graphique englobe un ensemble plus large de techniques visuelles au service d’un groupe. Elle inclut le sketchnoting, mais aussi le mindmapping et le scribing. Son but n’est pas votre memoire personnelle, mais la dynamique collective d’une reunion ou d’un atelier.

Le scribing, ou enregistrement graphique, designe la captation visuelle en grand format, sur un mur ou une fresque, realisee en temps reel devant le groupe. La trace est publique, partagee, souvent spectaculaire.

Retenez la logique, le sketchnoting sert votre comprehension, la facilitation graphique sert celle d’un collectif. C’est un point que nous travaillons souvent dans nos approches de facilitation en sketchnote, ou les deux se completent sans se confondre.

Pourquoi dessiner plutot que prendre des notes

Dessiner pour mieux retenir, sketchnote en cours de realisation

Le double encodage

Canal texte le mot-cle ecrit Canal image le pictogramme associe Rappel renforce deux voies valent mieux qu’une

Une idee ancree par le texte et par l’image se reactive par deux chemins distincts.

La question revient toujours, pourquoi se compliquer la vie avec des dessins quand on sait ecrire ? La reponse tient a la facon dont le cerveau traite l’information.

Ecrire mot a mot pousse a transcrire ce qu’on entend sans le filtrer. Sketchnoter oblige a trier en temps reel. Vous devez decider ce qui merite un cadre, une fleche, un pictogramme. Cette selection active force la comprehension au moment meme de l’ecoute.

Le visuel ajoute un second canal de memoire. Un mot associe a une icone s’ancre par deux voies, le texte et l’image. Les travaux sur la memoire visuelle montrent que ce double encodage favorise le rappel, sans qu’il faille promettre un chiffre miracle.

Testez la difference sur une reunion ordinaire. Prenez la moitie de vos notes en texte classique, l’autre moitie en mots-cles plus dessins. Relisez le tout une semaine apres. La partie visuelle se reactive presque instantanement, le texte demande un effort de relecture.

Le sketchnoting transforme aussi le rapport a la reunion. Quand on cherche l’image juste pour une idee, on ecoute autrement. On reformule, on relie, on anticipe. La prise de notes cesse d’etre passive.

Un effet sur l’attention du groupe

L’interet ne s’arrete pas a celui qui dessine. Quand une captation visuelle se construit devant un groupe, les regards convergent vers la trace commune. Ce point de reference partage reduit les digressions et recentre les echanges sur l’essentiel.

Dans une reunion classique, chacun suit son fil interieur, prend ses notes ou decroche. La trace visuelle collective cree un ancrage. Elle materialise l’avancee, signale ce qui reste a traiter, et donne au groupe un sentiment de progression difficile a obtenir avec un simple ordre du jour.

Cet effet rejoint une conviction de fond chez les facilitateurs, ce qui est visible se travaille mieux que ce qui reste dans les tetes. Rendre une pensee tangible, meme sous une forme rudimentaire, change la qualite de l’echange.

A quoi sert le sketchnoting en reunion et en seminaire

Sketchnoting en seminaire, agenda visuel affiche en salle Insuffle
1

Restituer un seminaire ou un CODIR

Une page condense une journee de decisions et d’engagements. Affichee au mur, la fresque continue de parler la ou un compte rendu de douze pages finit oublie.

2

Clarifier un sujet complexe en atelier

Dessiner les positions au tableau debloque un debat qui tourne en rond. Voir le probleme ensemble cree un referentiel partage.

3

Capter la memoire collective d’une journee

Une captation construite au fil des echanges donne au groupe le sentiment d’avancer. Chaque idee trouve sa place sur la surface commune.

Au-dela de l’usage individuel, le sketchnoting trouve une vraie place dans la vie d’une equipe. Voici les situations ou il fait la difference sur le terrain.

Restituer un seminaire ou un CODIR

Un seminaire de direction genere des decisions, des engagements, une trajectoire. Une restitution en sketchnote condense la journee sur une page lisible par tous. La ou le compte rendu de douze pages finit dans un dossier oublie, la fresque visuelle reste affichee et continue de parler.

Clarifier un sujet complexe en atelier

Quand un debat tourne en rond, dessiner les positions au tableau debloque souvent la situation. Voir le probleme ensemble cree un referentiel partage. C’est l’un des interets que nous detaillons parmi les avantages de la facilitation en entreprise.

Capter la memoire collective d’une journee

Une captation visuelle progressive, construite au fil des echanges, donne au groupe le sentiment d’avancer. Chaque idee trouve sa place sur la surface commune. A la fin, le chemin parcouru devient visible, ce qui ancre les decisions.

La taille du groupe compte. Un atelier de sketchnoting fonctionne bien entre 8 et 20 personnes selon le format. Au-dela, la captation individuelle devient difficile a animer. Mieux vaut alors passer a un dispositif de facilitation graphique collective.

Le sketchnoting peut aussi dynamiser un debut de reunion, en remplacant le traditionnel tour de table verbal par une captation visuelle des attentes de chacun.

Un exemple concret en seminaire de direction

Lors d’un seminaire de CODIR sur deux jours, une captation visuelle a remplace le compte rendu ecrit habituel. A chaque fin de demi-journee, une page synthetisait les decisions et les points en suspens. Affichee au mur, elle servait de fil rouge pour la sequence suivante.

L’effet a depasse la simple prise de notes. Voir le chemin parcouru a renforce le sentiment d’avancee du groupe. Les dirigeants se referaient a la fresque pour relancer un sujet ou verifier un engagement. La trace visuelle est devenue un objet de travail, pas un archivage passif.

Ce type d’usage demande un cadre. La captation ne s’improvise pas en plein debat sensible. Elle se prepare, elle se positionne, et elle gagne a etre tenue par une personne dediee plutot que par un participant qui doit aussi contribuer au fond.

Quel materiel pour se lancer

Materiel pour debuter le sketchnoting, stylo carnet et feutres

Presque rien pour demarrer

Trois niveaux d’equipement

Le minimum

Un stylo, un carnet

Le noir et blanc oblige a se concentrer sur la structure et le sens. Beaucoup de praticiens chevronnes restent fideles a cette sobriete.

Un cran plus loin

Gris, deux couleurs, titres

Un feutre gris pour les ombres, une ou deux couleurs d’accent, un feutre epais pour les titres. Palette reduite, surcharge evitee.

La voie numerique

Tablette et stylet

Effacer, deplacer, partager en haute definition. Le revers, l’ecran introduit des notifications absentes du papier.

Le sketchnoting a un avantage rare, il coute presque rien pour demarrer. Inutile d’investir avant d’avoir essaye. Voici ce qui suffit, puis ce qui peut aider une fois la pratique installee.

Le strict minimum

Un stylo noir a pointe fine et un carnet. C’est tout. Beaucoup de sketchnoteurs chevronnes restent fideles a cette sobriete. La contrainte du noir et blanc oblige a se concentrer sur la structure et le sens, sans se perdre dans les couleurs.

Pour aller un cran plus loin

Un feutre gris pour les ombres, qui donne du relief sans complexite. Une ou deux couleurs d’accent, pas plus, pour hierarchiser. Un feutre plus epais pour les titres et les bannieres. Cette palette reduite evite la surcharge visuelle, piege classique du debutant.

La voie numerique

Une tablette avec stylet ouvre d’autres possibilites, effacer, deplacer, dupliquer, changer de couleur en un geste. Pratique pour partager ensuite la trace en haute definition. Le revers, l’ecran introduit des notifications et des distractions absentes du papier. A chacun de trouver son equilibre.

Commencez sur papier, meme si vous comptez passer au numerique ensuite. Le papier impose une economie de moyens qui forme l’oeil et la main. Une fois les reflexes acquis, la transition vers la tablette se fait sans peine.

Le materiel ne fait pas le sketchnoteur. Une feuille et un stylo entre des mains attentives valent mieux qu’une tablette derniere cri entre des mains distraites. L’essentiel se joue dans l’ecoute et la synthese, jamais dans l’equipement.

Comment debuter : la methode pas a pas

Methode du sketchnoting en 7 etapes, du titre au plaisir

01

Une bibliotheque de base

Cadres, fleches, puces, bannieres, et cinq ou six pictogrammes simples. Cette base couvre 80 pour cent des besoins.

02

Structurer avant de decorer

Titre, zones, hierarchie d’abord. Le dessin vient ensuite. Une page sobre et claire vaut mieux qu’une page jolie et illisible.

03

S’entrainer sur du connu

Un podcast ou une video qu’on peut mettre en pause. Sans la pression du direct, on prend le temps de chercher la bonne forme.

Bonne nouvelle, il ne faut ni talent ni materiel couteux. Un stylo noir, un carnet, et l’envie d’essayer suffisent pour vos premieres pages.

Constituer une bibliotheque visuelle de base

Commencez par quelques elements reutilisables, des cadres pour isoler une idee, des fleches pour relier, des puces, des bannieres pour les titres. Ajoutez cinq ou six pictogrammes simples, une ampoule pour une idee, un personnage baton, une coche, une horloge. Cette base couvre 80 pour cent des besoins.

Structurer avant de decorer

Posez d’abord la structure, un titre, des zones, une hierarchie. Le dessin vient ensuite, jamais l’inverse. Une page bien structuree mais sobre vaut mieux qu’une page jolie mais illisible.

S’entrainer sur du contenu deja connu

Sketchnotez un podcast ou une video que vous pouvez mettre en pause. Sans la pression du direct, vous prenez le temps de chercher la bonne forme. La vitesse vient avec la pratique.

Avant de sketchnoter en reunion reelle, faites trois ou quatre essais a blanc sur des contenus enregistres. Vous gagnerez la confiance necessaire pour ne plus avoir peur de la page blanche devant un groupe.

Pour aller plus loin sur l’usage du dessin au service de l’efficacite collective, ce guide sur le dessin en reunion complete utilement la methode.

Les erreurs frequentes quand on se lance

Sketchnoting en atelier, capter l'essentiel sans tout transcrire

Croire qu’il faut savoir dessiner

Un personnage baton suffit. Ceux qui attendent de “savoir dessiner” ne commencent jamais.

Vouloir tout capter

L’enjeu est de selectionner, pas de transcrire. Trois idees claires valent mieux que quinze fragments illisibles.

Soigner l’esthetique

Perfectionner une icone fait rater la decision qui se prend pendant ce temps. Ecouter d’abord, dessiner ensuite.

Abandonner trop tot

Les premieres pages sont maladroites, c’est normal. L’aisance change de niveau apres une dizaine de pages.

Certains pieges reviennent systematiquement chez les debutants. Les connaitre evite de se decourager apres deux essais rates.

La premiere erreur, croire qu’il faut savoir dessiner. Le sketchnoting n’est pas du dessin d’art. Un personnage baton suffit. Ceux qui attendent de “savoir dessiner” ne commencent jamais.

La deuxieme erreur, vouloir tout capter. En reunion, l’enjeu est de selectionner, pas de transcrire. Si vous essayez de tout noter en images, vous decrochez du fil de l’echange. Mieux vaut trois idees claires que quinze fragments illisibles.

La troisieme erreur, soigner l’esthetique au detriment de l’ecoute. Passer trente secondes a perfectionner une icone vous fait rater la decision importante qui se prend pendant ce temps. La regle reste, ecouter d’abord, dessiner ensuite, peaufiner jamais en direct.

La quatrieme erreur, abandonner apres deux ou trois essais juges rates. Les premieres pages sont toujours maladroites, c’est normal. Le sketchnoting est une competence qui se construit par repetition, pas un talent qui se revele d’un coup. Ceux qui perseverent une dizaine de pages voient leur aisance changer de niveau. Comparer ses debuts aux fresques lechees vues en ligne est le meilleur moyen de se decourager a tort.

Attention a ne pas confondre sketchnoting et facilitation graphique professionnelle devant un groupe. Capter ses propres notes est une chose. Animer visuellement un seminaire de direction en temps reel en est une autre, qui demande un cadre, une preparation et un facilitateur experimente. Ne vous improvisez pas scribe sur un CODIR sensible sans accompagnement.

Questions frequentes sur le sketchnoting

Faut-il savoir dessiner pour faire du sketchnoting ?

Non, et c’est le point le plus mal compris. Le sketchnoting repose sur des formes elementaires, traits, cadres, fleches, pictogrammes basiques. Un personnage baton fait parfaitement l’affaire. La competence cle n’est pas le dessin mais la capacite a synthetiser une idee et a choisir la forme visuelle qui la porte. C’est une competence d’ecoute, pas de talent artistique.

Quelle difference entre sketchnoting et mindmapping ?

Le mindmapping organise les idees de facon arborescente, autour d’un theme central, avec des branches. Le sketchnoting est plus libre, il mele texte, dessins et mise en page sans structure imposee. Les deux relevent de la pensee visuelle, mais le mindmapping suit une logique hierarchique stricte, la ou le sketchnote epouse le deroule d’un echange ou d’une presentation.

Le sketchnoting marche-t-il en reunion a distance ?

Oui, avec quelques adaptations. Vous pouvez sketchnoter sur papier et partager une photo, ou utiliser une tablette avec un stylet. En visio, la captation visuelle d’un echange aide a maintenir l’attention, souvent fragile a distance. L’essentiel reste de partager la trace ensuite, pour qu’elle serve la memoire collective.

Combien de temps pour devenir a l’aise ?

Quelques semaines de pratique reguliere suffisent pour les bases. La bibliotheque visuelle de base s’acquiert en une a deux heures. La vitesse de captation en direct demande plus de repetition, sur des contenus enregistres d’abord. La progression depend surtout de la frequence d’entrainement, pas d’un quelconque don.

Le sketchnoting est-il toujours la bonne solution ?

Non. Pour un compte rendu juridique ou un proces-verbal officiel, le texte structure reste indispensable. Le sketchnoting excelle pour saisir des idees, des concepts, une dynamique, mais pas pour consigner des donnees precises ou des engagements contractuels. Choisissez l’outil selon l’objectif, sans en faire une reponse universelle.

Peut-on confier un seminaire entier a un sketchnoteur ?

La captation visuelle d’un seminaire est precieuse, mais elle ne remplace pas l’animation. Sketchnoter et faciliter sont deux metiers. Sur un CODIR sensible, mieux vaut une personne dediee a la captation et un facilitateur qui tient le cadre et le processus. Confier les deux a une seule personne dilue l’attention et fragilise la dynamique du groupe.

Dessiner pour mieux decider ensemble

Sketchnoting au service de la decision collective en equipe

A retenir

Un outil de clarte, pas une mode pour carnets soignes

La technique s’apprend vite, sans talent. Le plus dur reste de franchir le pas et d’accepter ses premiers dessins maladroits.

Se former au sketchnote

Le sketchnoting n’est pas une mode pour carnets soignes. C’est un outil de clarte. Il force a trier, il ancre la memoire, il rend visible ce qui se joue dans un echange. Pour une equipe de direction qui veut sortir des reunions steriles, c’est un levier concret.

La technique s’apprend vite, sans talent particulier. Le plus dur reste de franchir le pas et d’accepter ses premiers dessins maladroits. Le rendu se perfectionne, l’ecoute, elle, progresse des la premiere page.

Si vous dirigez une equipe, voyez le sketchnoting moins comme une competence individuelle que comme une pratique collective. Une restitution visuelle de seminaire, une captation partagee en atelier, une fresque qui garde la memoire d’une decision, ces usages servent la clarte du groupe. C’est la, sur le terrain de la facilitation, que le dessin deploie sa vraie valeur.

Les methodes presentees sont a adapter au contexte de chaque equipe et organisation. Pour les sujets sensibles (conflits non resolus, transformation lourde, sortie de crise), un accompagnement par un facilitateur experimente est necessaire pour garantir un cadre adapte.

Sources

À propos de Yoan Lureault

Fondateur d'Insuffle et Insuffle Académie, facilitateur en intelligence collective et formateur, basé à Deauville. J'accompagne PME, ETI et fonction publique dans leurs transformations : diagnostics stratégiques, séminaires de direction, alignement d'équipes, évolution des pratiques managériales. Mon approche : cash, terrain, zéro bullshit — via mes démarches propriétaires (Futur Désiré®, Boussole 4C, ...).

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